Au milieu du débat actuel sur la souveraineté provinciale, la plupart des Albertains voteraient pour rester au Canada, selon un nouveau sondage de l’Institut Angus Reid.
Moins de trois Albertains sur dix, soit 29 %, ont déclaré qu’ils voteraient pour la séparation si un référendum avait lieu aujourd’hui. La plupart de ces répondants ont affirmé qu’ils penchaient plutôt vers cette position plutôt que d’y être fermement attachés.
En revanche, environ deux tiers, soit 65 %, ont dit qu’ils voteraient pour rester au Canada, la plupart d’entre eux affirmant que leur décision était définitive.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
Ces résultats proviennent de la première partie d’une série en trois volets réalisée par Angus Reid, qui examine le sentiment séparatiste en Alberta et au Québec et les facteurs qui influencent les opinions sur l’avenir du Canada.
Si la plupart des Albertains s’opposent à la séparation, l’enquête suggère que beaucoup sont encore indécis. Quatre répondants sur cinq ont mentionné avoir déjà pris leur décision.
Les arguments divisent les Albertains
Les Albertains qui s’opposent fermement à la séparation ont avancé que les raisons les plus convaincantes de rester au Canada étaient le sentiment d’identité canadienne et les préoccupations d’ordre pratique.
Plus de neuf répondants sur dix ont cité ces facteurs, notamment la crainte qu’une Alberta indépendante et enclavée ait du mal à exporter ses ressources.
Ceux qui penchent pour le maintien dans le Canada sont d’accord avec ces arguments, mais dans une moindre mesure. Beaucoup dans ce groupe ont également dit trouver certains arguments séparatistes convaincants, notamment l’idée que l’Alberta contribue davantage à la Confédération qu’elle n’en reçoit et qu’elle bénéficierait d’un contrôle total sur ses ressources.
Les Albertains qui voteraient pour quitter le Canada se sont dits largement peu convaincus par les arguments en faveur du maintien. Au contraire, ils soutiennent fermement l’idée que l’Alberta devrait se libérer des politiques fédérales qu’ils jugent néfastes et obtenir le contrôle total des ressources provinciales.
Opinions mitigées sur les dirigeants politiques
Le sondage a également demandé aux Albertains comment les dirigeants politiques avaient géré le débat sur le séparatisme.
L’approche de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a obtenu une cote d’approbation nette de -17, tandis que celle du premier ministre Mark Carney a obtenu une cote de +7.
Mme Smith a été critiquée après que son gouvernement ait abaissé le seuil pour les référendums citoyens et prolongé le délai accordé pour recueillir les signatures, des changements qui, selon les détracteurs, facilitent le déclenchement d’un vote sur la séparation.
Le soutien à la séparation est plus élevé parmi les électeurs du Parti conservateur uni. Seize pour cent ont dit qu’ils voteraient certainement pour quitter le Canada, tandis que 41 % ont spécifié qu’ils penchaient dans ce sens.
Différentes sources d’information
Le sondage a révélé des différences dans les sources d’information des Albertains sur le séparatisme.
Ceux qui voteraient pour rester au Canada ont déclaré s’appuyer principalement sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux. Ceux qui penchent pour le départ ont mentionné être plus enclins à s’appuyer sur les médias alternatifs et les conversations avec leurs amis et leur famille.
Les trois quarts des Albertains ont expliqué avoir suivi de près l’actualité sur le séparatisme ces derniers mois.
Beaucoup disent qu’ils quitteraient l’Alberta
Le sondage suggère qu’un vote en faveur de la séparation pourrait entraîner un mouvement de population important.
Parmi les Albertains qui ont affirmé qu’ils voteraient pour rester au Canada, près des trois quarts ont dit qu’ils quitteraient la province si l’Alberta devenait indépendante. Un peu moins d’un quart ont affirmé qu’ils resteraient.
Les répondants ont également été interrogés sur la possibilité que l’Alberta s’aligne sur les États-Unis ou rejoigne ce pays. La plupart ont mentionné qu’ils pensaient que les États-Unis tenteraient certainement ou probablement d’utiliser des moyens politiques, économiques ou militaires pour faire pression sur une Alberta indépendante afin qu’elle rejoigne le pays. Cependant, ils étaient plus nombreux à ne pas être sûrs de la pression militaire.
La plupart des Albertains, en particulier ceux qui s’opposent à la séparation, ont déclaré que rejoindre les États-Unis serait une mauvaise chose pour la province.
Méthodologie
L’Institut Angus Reid a mené un sondage en ligne du 2 au 6 février 2026 auprès d’un échantillon aléatoire de 4 025 adultes canadiens membres du Forum Angus Reid. À des fins de comparaison uniquement, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins trois points de pourcentage, 19 fois sur 20.

