Les déclarations de la première ministre sortante, Christine Fréchette, durant le week-end sur la présumée «fin de la crise du logement» ont résonné jusqu’au campement Notre-Dame, où de nombreuses personnes en situation d’itinérance attendent la visite des chefs.
«Je suis totalement outré de son affirmation que la crise du logement est terminée. Je lui demanderais de s’excuser publiquement», a lancé un résident du campement Notre-Dame.
«Il faudrait au moins qu’ils nous demandent ce qu’on en pense, c’est quoi nos problèmes», soutient un homme, qui est à la rue depuis deux ans.
Mme Fréchette faisait référence au fait qu’il y a davantage de logements vacants dans certaines régions. Mais le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) remet les pendules à l’heure et souligne que ce n’est pas parce qu’ils sont vacants qu’ils sont abordables.
«On a l’impression que ça vient traduire une forme de déconnexion de la réalité des locataires, qui représente quand même 40 % de la population au Québec» indique Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU
«On peut jouer sur les mots, mais pour une partie importante des locataires, il y a toujours un enjeu de disponibilité de logements qui correspond à notre capacité de payer», ajoute-t-elle.
Notons que Mme Fréchette est revenue sur ses propos mercredi après-midi lors de son passage à Trois-Rivières.
«Il y a encore une crise importante dans le logement abordable, il faut en construire à plus grande vitesse. C’est ce qu’on fait», a-t-elle lancé.
Une femme de 54 ans, qui est à la rue depuis plusieurs mois, a indiqué à Noovo Info avoir de la difficulté à croire les promesses des politiciens.
«Je ne peux même pas faire confiance à mon gouvernement. J’ai besoin d’un appartement et ici c’est juste des condos. Pourquoi ils ne font pas un quartier avec des logements à prix modique? Il se câlisse de nous autres», a-t-elle lancé.
Elle invite d’ailleurs les chefs de parti et leurs candidats à vivre avec son budget pendant le prochain mois.
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