La famille d’un Canadien de 23 ans décédé dans un accident en République dominicaine affirme qu’il a fallu près d’un mois pour rapatrier sa dépouille au pays.
Voilà qui soulève des inquiétudes quant aux procédures locales et au soutien consulaire limité à l’étranger.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Noman Hayati, originaire d’Edmonton, est décédé le 25 mars après que le véhicule dans lequel il voyageait a été percuté par un camion près de Higüey, sur une autoroute reliant Punta Cana à Saint-Domingue.
Selon la famille, la voiture a pris feu peu après la collision, détruisant ses effets personnels et le rendant méconnaissable. Le conducteur du véhicule, un ami qui passait ses vacances avec Noman, a survécu.
Bien que les proches ont fourni des échantillons d’ADN, des dossiers dentaires et tous les documents requis, ils affirment que le processus de rapatriement de son corps a été lent et marqué par des exigences changeantes et un manque de communication.
«Chaque jour, ils trouvaient une excuse: le document n’est pas prêt, le test n’est pas valable», a expliqué le père, Hamidullah Hayati. «Puis ils nous ont demandé d’envoyer sa radiographie dentaire. Nous l’avons envoyée. Après cela, ils ont de nouveau trouvé des excuses concernant les documents.»
Pour compliquer les choses, les autorités ont demandé les documents d’identité originaux, y compris un passeport, alors que les documents ont été détruits dans l’incendie.
«Nous n’avions rien, car la voiture avait brûlé et tous les documents se trouvaient à l’intérieur.»
— Hamidullah Hayati, père de Noman Hayati
Les membres de la famille se sont rendus deux fois en République dominicaine pour tenter de faire avancer le processus. Ils affirment que les choses n’ont progressé qu’après leur présence physique sur place et leurs pressions pour obtenir des réponses.
«Ils n’ont rien fait jusqu’à ce que ma femme et mon beau-frère y retournent», a rapporté M. Hamidullah. «C’est alors qu’ils ont pris des mesures pour mettre davantage de pression sur le gouvernement.»
La dépouille de Noman Hayati devrait arriver au Canada le 24 avril.
L’ambassade canadienne critiquée
Le frère de Noman, Ashandullah Hayati, déplore que la famille avait dû, en grande partie, gérer la situation seule. Il critique le manque d’aide concrète de la part des autorités canadiennes.
«L’ambassade du Canada là-bas n’a vraiment rien fait», a-t-il dit. «Il s’agit du décès d’un citoyen canadien. Ils devraient vraiment être là pour nous aider à faire avancer ce processus.»
Les autorités canadiennes auraient répondu à la famille que la capacité d’intervention était limitée.
«Ce qu’ils ont dit, c’est qu’ils ne pouvaient pas vraiment nous aider. C’est un problème entre nous et le gouvernement dominicain», a précisé Ashandullah Hayati.
Affaires mondiales Canada a déclaré dans un communiqué être au courant de l’affaire et apporter son aide.
«Nous adressons nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches», a indiqué la porte-parole de l’agence fédérale, Thida Ith. «Les agents consulaires fournissent une assistance consulaire et assurent la liaison avec les autorités locales.»
Le ministère a ajouté que les services consulaires étaient adaptés à chaque situation, mais a refusé de fournir plus de détails, invoquant des considérations de confidentialité.

Une situation difficile à accepter
La famille affirme que les semaines passées à essayer de rapatrier le corps de Noman Hayati ont été très éprouvantes sur le plan émotionnel, ne laissant que peu de temps pour faire son deuil.
«Ça a été très difficile de devoir simplement attendre que son corps arrive ici», a dit son frère. «Tout ce qu’on a fait au cours du dernier mois, c’est communiquer avec des gens pour le ramener à la maison. On n’a pas vraiment eu le temps de digérer tout ça.»
Ashandullah décrit Noman comme quelqu’un de discipliné et de motivé, travaillant souvent six ou sept jours par semaine après avoir obtenu son diplôme, passionné par les voyages et par l’apprentissage des langues.
«Il travaillait vraiment dur», a-t-il dit à propos de son frère. «Il adorait voyager et avait d’autres voyages prévus.»
La famille a engagé un avocat et cherche à obtenir des réponses sur l’accident lui-même, affirmant n’avoir reçu que peu d’informations sur les circonstances ou sur l’existence d’une enquête en cours.
Pour l’instant, leur priorité reste de ramener le corps et de sensibiliser le public aux difficultés auxquelles les familles peuvent être confrontées lorsqu’une tragédie survient à l’étranger.

