Les directeurs de la protection de la jeunesse et les directrices et directeurs provinciaux (DPJ-DP) ont dévoilé jeudi leur bilan 2025-2026, élaboré sous le thème Les enfants : toujours une priorité?.
Disant avoir remarqué une «complexification» des situations et une «augmentation importante des besoins» chez les jeunes Québécois et leurs familles, les DPJ-DP recommandent de «revenir à l’essentiel» pour le bien-être des enfants.
Cette proposition implique d’investir davantage pour répondre aux besoins de base des Québécois, comme l’alimentation, le logement et un revenu adéquat, de consolider les services existants et de renforcer les interventions préventives et soutenir les milieux de vie des enfants, par exemple à l’école et au CPE.
«Les DPJ-DP rappellent que chaque décision compte. Qu’il soit question d’éducation, de santé, d’économie, de logement ou de politiques sociales, le bien-être des enfants doit demeurer une considération centrale», fait-on valoir.
«L’intérêt des enfants ne peut relever d’un seul secteur : il doit devenir une responsabilité partagée, une boussole commune guidant l’ensemble des politiques publiques.»
— Extrait du bilan de la DPJ
Côté statistiques, le bilan 2025-2026 fait état de 144 321 signalements impliquant 107 273 enfants – représentant 6,4 % de l’ensemble des moins de 18 ans de la province – soit une hausse de 1,4 % par rapport à l’année précédente. Cependant, le nombre de signalements retenus (39 661 ou 27 % du total) était tout de même en baisse d’un peu moins de 2000 par rapport à l’année précédente. Cette baisse de signalements retenus est d’ailleurs constante depuis cinq ans.
Un peu plus de la moitié (52,1 %) des enfants pris en charge par la DPJ au cours de la dernière année sont demeurés dans leur milieu familial et près d’un sur cinq (18,3 %) ont été confiés à des proches. Les raisons de la prise en charge varient, mais la négligence (30,1 %) et le risque sérieux de négligence (17,9 %) représentant près de la moitié des dossiers. Les autres causes les plus fréquentes sont les mauvais traitements psychologiques (15 %), l’exposition à la violence conjugale (10,3 %) et les abus physiques (9,6 %).
Délinquance toujours en hausse
Quant à l’autre volet du travail de la DPJ, soit l’intervention auprès de jeunes délinquants, les données font état de 10 507 adolescents qui ont fait l’objet d’une intervention dans le cadre de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA), ce qui représente une augmentation de 4,1 % par rapport à l’an dernier. Les DPJ se consolent du fait que cette tendance à la hausse diminue d’intensité depuis quelques années comparativement à des hausses de 7 % l’année précédente et de 15 % il y a deux ans, Cependant, peut-on lire dans le rapport, la hausse totale a été de 47,2 % au cours des cinq dernières années, alors que l’on assistait à une baisse constante au cours de la décennie précédente.
Les délits les plus fréquents sont les voies de fait (21,7 %), les manquements à un engagement, une ordonnance ou à une condition (12,5 %), le vol (9,6 %) et les menaces (9,2 %).
Avec de l’information de Pierre Saint-Arnaud de La Presse canadienne

