Le rythme de croissance des loyers a légèrement ralenti cette année, tandis que le nombre de logements inoccupés a continué d’augmenter, selon un rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) publié jeudi.
L’accroissement de l’offre locative a également contribué à un marché plus souple.
La SCHL a précisé que «le loyer moyen payé par tous les locataires pour les logements de deux chambres a augmenté de 5,1 %» pour atteindre 1550 $, comparativement à une hausse de 5,4 % en 2024.
Ces chiffres reflètent la croissance des loyers pour les locataires actuels et les nouveaux locataires. Les prix diffèrent donc des rapports qui portent uniquement sur les loyers demandés aux nouveaux locataires.
Par exemple, le loyer moyen demandé pour un appartement de deux chambres construit à cet effet s’élevait à 2247 $ le mois dernier, selon une étude distincte menée par Rentals.ca et Urbanation.
Le taux d’inoccupation des appartements locatifs construits à cet effet était de 3,1 % en octobre, au moment où la SCHL a mené son enquête annuelle, comparativement à 2,2 % à la même période l’an dernier et au creux historique de 1,5 % atteint en 2023. Le taux de 2025 était supérieur à la moyenne nationale des dix dernières années.
La SCHL a indiqué que le nombre historiquement élevé d’achèvements de logements locatifs, combiné à une demande plus faible due au ralentissement de la croissance démographique et économique, a contribué à la baisse des loyers l’an dernier.
Elle a ajouté que, face à la hausse des logements inoccupés, les propriétaires de nombreuses grandes villes ont réduit les loyers des nouveaux baux afin de rester concurrentiels. Le loyer moyen des appartements de deux chambres à coucher a diminué à Vancouver, Calgary, Toronto et Halifax.
«Les conditions serrées qui ont défini les marchés locatifs au cours des dernières années dans les plus grands centres du Canada se sont assouplies en 2025», a indiqué par communiqué Tania Bourassa-Ochoa, économiste en chef adjointe à la SCHL.
«Les exploitants de logements destinés à la location ont réagi à ces conditions du marché en offrant des incitatifs aux nouveaux locataires, comme un mois de loyer gratuit, des indemnités de déménagement ou des primes à la signature du bail. Toutefois, l’abordabilité demeure un défi dans la plupart des marchés, car l’offre de logements abordables pour les ménages à faible revenu est encore limitée», a-t-elle ajouté.
À l’échelle nationale, les loyers des logements avec roulement ont augmenté de 8,7 % par rapport à l’an dernier, marquant un ralentissement important par rapport à la hausse de 23,5 % enregistrée en 2024.
Parallèlement, le loyer moyen d’un appartement en copropriété de deux chambres s’élevait à 2305 $, en hausse de 4,8 % sur un an, le taux d’inoccupation de ce type de logements étant de 1,3 %.
À Montréal, les taux d’inoccupation des appartements, tant dans les immeubles construits à cet effet que dans les copropriétés, ont augmenté en raison de la diminution du nombre de résidents non permanents, notamment les travailleurs temporaires et les étudiants internationaux.
Les loyers moyens ont progressé de 7,2 % dans la métropole québécoise, dépassant la croissance des revenus, principalement en raison des renouvellements de baux assortis de hausses de loyer plus importantes.
Le taux d’inoccupation des appartements construits pour la location à Toronto a atteint 3 % pour la première fois depuis le début de la pandémie, en raison du recul de l’immigration, de la baisse de la demande des étudiants internationaux et de l’incertitude économique. Le taux d’inoccupation des appartements en copropriété est demeuré faible, à 1 %.
À Vancouver, le taux d’inoccupation des immeubles locatifs construits à cet effet a atteint 3,7 %, son plus haut niveau depuis 1988, tandis que la croissance des loyers a culminé à son plus bas niveau en 20 ans, en raison d’une offre locative record.
À Calgary, le taux d’inoccupation est demeuré stable à 5 %, la forte demande ayant suivi le rythme de l’offre locative, qui a connu en 2025 sa plus forte croissance depuis des décennies. L’offre d’immeubles locatifs construits à cet effet a augmenté de 11 % cette année.

