Société

La Coupe du monde, une perspective d'emploi pour certains Canadiens

La Coupe du monde se déroulera de mi-juin à mi-juillet et proposera des matchs à Toronto et à Vancouver.

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L'un des quatre écrans géants apparaît sur le terrain du BMO Field, en vue de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, à Toronto, le 24 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Eduardo Lima L'un des quatre écrans géants apparaît sur le terrain du BMO Field, en vue de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, à Toronto, le 24 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Eduardo Lima)

Les passionnés de soccer canadiens auront cette année l’occasion d’assister en personne à l’un des événements phares de ce sport, puisque la Coupe du monde de la FIFA se déroule en Amérique du Nord. Mais pour certains, ce tournoi est aussi l’occasion de gagner un peu d’argent.

La Coupe du monde se déroulera de mi-juin à mi-juillet et proposera des matchs à Toronto et à Vancouver.

L’organisation d’un événement de cette envergure nécessite de la main-d’œuvre, ce qui signifie que des occasions d’emploi temporaire apparaissent, allant de la sécurité à la coordination des sites, en passant par les services de restauration et bien plus encore. Sans oublier que de nombreuses petites entreprises vont renforcer leurs effectifs pour faire face à l’afflux d’amateurs de soccer.

«Si (quelqu’un) n’a pas les moyens de s’offrir un billet pour y assister, il peut au moins aller travailler et participer à l’événement», a souligné Danny Murrell, fondateur et président-directeur général de Harrison Staffing.

Harrison Staffing sera présent au Canada Soccer House, le lieu consacré aux amateurs situé au Harbourfront Centre de Toronto, pendant la Coupe du monde. L’entreprise recrute principalement des barmans, ainsi que quelques serveurs.

M. Murrell a indiqué que Harrison Staffing avait commencé à recueillir des candidatures en avril pour pourvoir entre 100 et 150 postes pour l’événement. Il soutient qu’il y a un «afflux constant» de candidats pour des occasions liées à la FIFA.

«Cela a relevé le niveau des candidats. Le profil démographique est bien sûr jeune, avec une prédominance masculine. Ils sont ravis de participer à cet événement», a noté M. Murrell.

«Le fait d’avoir cette occasion, cet événement ici à Toronto, aide vraiment à motiver les gens à essayer de gagner un peu plus d’argent pendant cette période très chargée de l’année.»

Les organisateurs de la Coupe du monde ont vanté les retombées économiques potentielles de l’événement; la FIFA a estimé à 940 millions $ l’impact économique pour la région du Grand Toronto, tandis que le gouvernement de la Colombie-Britannique a déclaré l’année dernière que l’événement générerait plus d’un milliard $ de recettes touristiques au cours des cinq années suivant les matchs.

M. Murrell souligne qu’un nombre important de candidats cherchent à obtenir un emploi d’appoint grâce à cet événement.

«Je dirais que sur l’ensemble des candidats (…) 30 à 40 % recherchent un emploi secondaire. Les 50 % restants ont plutôt tendance à dire: “Je peux faire ça à temps plein.” Et ce sont surtout des étudiants», a-t-il expliqué.

M. Murrell a ajouté qu’il est désormais plus difficile pour de nombreuses personnes de profiter de la qualité de vie qu’elles souhaitent au Canada avec un seul revenu, même pour celles occupant des postes de haut niveau.

Un intérêt pour le travail ponctuel

Selon un sondage en ligne réalisé par Employment Hero en avril de cette année auprès de 1500 personnes, 14 % des personnes interrogées ont indiqué qu’elles envisageraient probablement d’accepter un travail temporaire ou ponctuel lié à des événements majeurs, comme la Coupe du monde. Les sondages en ligne ne peuvent pas se voir attribuer de marge d’erreur, car ils ne constituent pas un échantillon aléatoire de la population.

Parmi les Canadiens ayant un emploi et ouverts à un travail ponctuel lié à la FIFA, l’enquête a révélé que deux tiers ont indiqué qu’ils envisageraient de s’absenter de leur emploi principal pour y participer. Vingt-huit pour cent ont déclaré être prêts à prendre un congé sans solde de leur emploi habituel, et 39 % envisageaient d’utiliser leurs congés payés.

L’intérêt accru pour le travail temporaire s’explique non seulement par la hausse du coût de la vie, mais aussi par la baisse des barrières à l’entrée grâce à la prolifération des plateformes numériques, a indiqué Karyn Xiong, partenaire en ressources humaines chez Employment Hero Canada.

«C’est devenu plus accessible. Aujourd’hui, il existe des plateformes comme Upwork, DoorDash ou Uber qui permettent vraiment à n’importe qui de gagner un revenu supplémentaire à côté», a soutenu Mme Xiong.

Au-delà de la Coupe du monde, l’été au Canada offre d’autres occasions de travail temporaire lors de grands événements et festivals, tels que le Stampede de Calgary, le festival de musique Osheaga à Montréal ou l’Exposition nationale canadienne à Toronto.

Arrondir ses fins de mois

Stacy Yanchuk Oleksy, présidente et directrice générale de Money Mentors, dit qu’elle voit des gens rechercher des petits boulots pour arrondir leurs fins de mois.

«Il y a deux aspects à prendre en compte lorsqu’on parle de budget. L’un concerne bien sûr les dépenses, et l’autre les revenus. On ne peut réduire son budget que jusqu’à un certain point avant de devoir apporter d’autres changements. Augmenter ses revenus peut donc certainement aider le ménage», a-t-elle indiqué.

Avec la multiplication des petits boulots, Mme Xiong estime que les employeurs devraient peut-être envisager de mettre à jour leurs contrats de travail, qui comportent souvent des clauses strictes interdisant tout travail à l’extérieur, ce qui «ne correspond pas à la réalité d’aujourd’hui».

«Je pense que les employeurs doivent faire preuve de plus de souplesse dans leur collaboration avec les employés afin de s’assurer qu’ils puissent trouver un équilibre entre les deux», a-t-elle déclaré.

Stacy Yanchuk Oleksy a indiqué qu’il fallait également tenir compte des implications fiscales.

«Nous devons tenir compte du fait que nos revenus vont augmenter et qu’ils ne seront probablement pas imposés comme ils le devraient, ce qui signifie que nous pourrions avoir un solde à payer lors de la saison des impôts en avril 2027», a-t-elle déclaré.

«Nous voulons nous assurer que nous demandons peut-être à ce qu’une retenue d’impôt suffisante soit prélevée afin de ne pas avoir de dette et de ne pas avoir de mauvaise surprise l’année prochaine.»