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«La contraception a failli me tuer»: elle survit à un arrêt cardiaque causé par un caillot sanguin

«Ce fut une expérience traumatisante. J’aurais pu mourir.»

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Jessica Lefebvre et son fils. (Courtoisie via CTV News) Jessica Lefebvre et son fils. (Courtoisie via CTV News)

Une Québécoise tire la sonnette d’alarme sur les risques potentiels de la contraception hormonale après avoir survécu à un arrêt cardiaque suite à une embolie pulmonaire qui a failli lui coûter la vie et lui a laissé une invalidité permanente à la jambe.

Le cœur de Jessica Lefebvre a cessé de battre pendant cinq minutes après qu’elle eut subi une embolie pulmonaire massive — un caillot sanguin qui bloque une artère pulmonaire — à l’âge de 29 ans.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Elle utilisait un anneau contraceptif vaginal, une méthode contraceptive hormonale combinée contenant de l’œstrogène et de la progestérone, associée à un léger risque accru de formation de caillots sanguins.

«Ce fut une expérience traumatisante. J’aurais pu mourir», a confié Mme Lefebvre, aujourd’hui âgée de 36 ans, à CTV News. «Le risque de caillots sanguins est faible, mais les femmes devraient tout de même être davantage conscientes des risques liés à la contraception, et elles devraient connaître les options qui s’offrent à elles.»

Trois mois après un accouchement prématuré et une grossesse à haut risque en juillet 2019, Mme Lefebvre a indiqué que son médecin lui avait recommandé une méthode contraceptive après qu’elle eut refusé sa suggestion de subir une ligature des trompes.

Mme Lefebvre a été anéantie d’apprendre qu’elle ne devrait pas avoir d’autre enfant, car une future grossesse pourrait présenter de graves risques pour sa santé.

Jessica Lefebvre et son fils. Jessica Lefebvre et son fils. (Courtoisie via CTV News)

Elle a finalement accepté d’utiliser une méthode contraceptive.

«Le but de me prescrire une contraception était justement de m’éviter de tomber enceinte, de vivre une autre grossesse à haut risque et de risquer de mourir, mais la contraception a failli me tuer», a raconté Mme Lefebvre.

«J’aurais aimé que mon médecin m’informe que les caillots sanguins constituaient un risque. La seule chose qu’il m’a dite, c’est qu’en raison de mon poids, la contraception ne serait pas aussi efficace pour prévenir une grossesse», a-t-elle ajouté.

Les secouristes l’ont réanimée

En septembre 2019, une ambulance a été appelée lorsque Mme Lefebvre a présenté des symptômes compatibles avec une embolie pulmonaire, notamment un essoufflement et une douleur thoracique aiguë.

Sur le chemin de l’Hôpital de Saint-Eustache, Mme Lefebvre a subi un arrêt cardiaque dans l’ambulance. Les secouristes l’ont réanimée.

Les médecins ont retiré son anneau vaginal après avoir appris qu’elle utilisait un moyen de contraception.

Elle a ensuite été transférée à l’Hôpital Sacré-Cœur de Montréal dans un état critique, où elle a été placée dans un coma artificiel pendant 10 jours et a dû être reliée à deux types d’appareils de maintien des fonctions vitales.

«Quand je me suis réveillée, j’étais désorientée; tout le monde a dû m’expliquer ce qui m’était arrivé», a-t-elle dit. «Tout s’est passé si vite. La dernière chose dont je me souviens, c’est d’être montée dans l’ambulance avant de sortir du coma.»

À son réveil, Mme Lefebvre ressentait une douleur intense à la jambe gauche et était incapable de bouger son pied. Des spécialistes ont examiné sa jambe au cours des mois suivants, mais ils n’ont pas pu déterminer exactement ce qui s’était passé.

Elle a passé des mois à réapprendre à marcher, d’abord à l’hôpital, puis dans un centre de réadaptation, passant progressivement du fauteuil roulant à un déambulateur.

Le bras de Jessica Lefebvre pendant son séjour à l'hôpital. Le bras de Jessica Lefebvre pendant son séjour à l'hôpital. (Courtoisie via CTV News)

Elle a également consulté régulièrement un thérapeute, car elle présentait des symptômes de trouble de stress post-traumatique (TSPT), notamment des flashbacks et des cauchemars liés à l’événement.

Parallèlement à son rétablissement, Mme Lefebvre s’occupait également de son fils.

«Quand mon fils apprenait à marcher, j’apprenais à marcher moi aussi», a-t-elle indiqué. «J’étais extrêmement fatiguée et affaiblie, mais je me suis poussée à aller de l’avant parce que je voulais être à la maison pour le premier Noël de mon fils.»

Faible risque de caillots sanguins

Le risque de développer un caillot sanguin lors de l’utilisation d’une méthode contraceptive hormonale est faible.

Toutefois, ce risque varie selon le type de contraception, le fait qu’une femme soit enceinte ou en post-partum, ainsi que la présence d’autres facteurs de risque ou d’affections préexistantes.

Les méthodes contraceptives peuvent être globalement classées en deux catégories: les méthodes hormonales et les méthodes non hormonales.

Les méthodes hormonales comprennent la pilule, le timbre, l’anneau vaginal, l’injection, l’implant et le DIU hormonal, tandis que les options non hormonales comprennent le DIU au cuivre.

Certaines méthodes hormonales contiennent à la fois de l’œstrogène et de la progestérone, tandis que d’autres ne contiennent que de la progestérone. Les méthodes contenant les deux hormones présentent un risque plus élevé de formation de caillots sanguins.

Le risque de formation de caillots sanguins est également plus élevé pendant la grossesse et au cours des semaines suivant l’accouchement.

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La Dre Marie-Ève Murray, obstétricienne-gynécologue spécialisée en planification familiale à Montréal, a affirmé que les femmes devraient discuter avec leur professionnel de la santé pour déterminer quelle option leur convient le mieux.

«Le risque de formation de caillots sanguins est réel lorsque vous prenez un contraceptif hormonal combiné, mais cela prévient la grossesse, et le risque de caillot est encore plus élevé si vous êtes enceinte ou si vous êtes en période postnatale», a-t-elle expliqué.

«Si vous présentez un facteur de risque de formation de caillots sanguins, ces types de contraceptifs ne conviennent pas à ces femmes, et nous avons alors tendance à leur prescrire soit un contraceptif non hormonal, soit un contraceptif progestatif seul», a-t-elle prévenu.

La Dre Murray a ajouté que la contraception peut également offrir d’importants bienfaits pour la santé, notamment la réduction des saignements menstruels et des crampes, l’atténuation de l’acné et la prise en charge de troubles tels que l’endométriose, le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (PMOS) et le trouble dysphorique prémenstruel (TDP).

La contraception est également associée à une réduction du risque de cancer des ovaires, de l’endomètre (utérus) et colorectal, selon la Dre Murray.

Bien que le risque de formation de caillots sanguins soit faible, la Dre Murray a souligné que les femmes devraient bien comprendre les risques et les avantages de chaque option contraceptive.

«L’objectif n’est pas d’effrayer les femmes au sujet de la contraception. Il est important qu’elles soient informées et qu’elles connaissent les risques», a-t-elle précisé. «Comme pour tout traitement, il faut être consciente des risques et des autres options. Nous prenons quotidiennement de nombreux médicaments qui comportent des risques. La contraception peut comporter des risques, mais en fin de compte, elle est sécuritaire.»

«Je commence à vivre»

Mme Lefebvre a pu rentrer chez elle à Saint-Jérôme pour le premier Noël de son fils en 2019. La veille de Noël, elle est restée debout tard pour s’assurer que tous ses cadeaux étaient emballés. Son fils, qui avait moins d’un an, s’amusait davantage avec le papier d’emballage qu’avec ses jouets.

«Après avoir passé tant de temps à l’hôpital, c’était tellement agréable d’être à la maison avec mon enfant», a-t-elle dit. «C’était tellement important pour moi qu’il se réveille le matin de Noël et voie tous les cadeaux. Même s’il ne s’en souviendra pas, c’était aussi pour moi.»

Au cours des années qui ont suivi, elle a poursuivi sa réadaptation pour sa jambe. Aujourd’hui, elle marche sans aide, bien qu’elle boite encore. Elle continue de prendre des analgésiques pour sa jambe et des anticoagulants pour prévenir la formation d’un autre caillot sanguin.

Jessica Lefebvre et son fils à Noël. Jessica Lefebvre et son fils à Noël. (Courtoisie via CTV News)

À mesure que sa force et sa mobilité se sont lentement améliorées, Mme Lefebvre est enfin en mesure de rattraper le temps perdu avec son fils et de faire des choses qu’elle ne pouvait pas faire auparavant, notamment l’emmener au parc, au cinéma, en camping, à la plage et au champ de citrouilles.

Mais chaque septembre, l’anniversaire de son arrêt cardiaque et de son embolie pulmonaire lui rappelle ce qu’elle a traversé. Ce jour-là, chaque année, elle et sa famille sortent souper pour célébrer sa vie.

«Quand ce jour arrive, cela me rend anxieuse, et je repense à tout ce que j’ai traversé, mais je pense aussi au chemin que j’ai parcouru», a-t-elle dit. «Je suis tellement reconnaissante d’être en vie, et j’ai l’impression que je commence seulement à vivre maintenant.»