Société

Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie: «il n’y a rien d’acquis», rappellent des organismes

«Je pense que le grand constat c’est que ce qu’on considérait comme des acquis, en fait, c’était des victoires.»

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Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie: «il n’y a rien d'acquis», rappellent des organismes Par Lili Mercure | La Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie sera célébrée dimanche, alors que les droits LGBTQ+ sont en recul partout dans le monde.

La Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie sera célébrée dimanche, alors que les droits LGBTQ+ sont en recul partout dans le monde.

Les organismes interpellent donc les personnes qui soutiennent la communauté, car selon eux, l’inclusion et le respect des droits LGBTQI+ sont essentiels au bon fonctionnement de la démocratie.

La thématique de cette année: «Rejoignez l’effet allié». La fondation Émergence, derrière la campagne, souhaite ainsi sensibiliser la population aux réalités de la communauté LGBTQ+ dans le contexte actuel.

«Je pense que le grand constat c’est que ce qu’on considérait comme des acquis, en fait, c’était des victoires et qu’il n’y a rien d’acquis», soutient Laurent Breault, directeur général de la fondation Émergence.

Il rappelle que les États-Unis ont longtemps été considérés comme le pays de la liberté, mais qu’aujourd’hui, il y a plus de 1000 projets de loi afin de restreindre les droits des personnes LGBTQ+.

«On a des pays comme le Sénégal qui a durci des lois pour criminaliser l’homosexualité. D’autres pays ont recriminalisé l’homosexualité. Puis ici, on voit surtout des discours haineux qui commencent à se multiplier de plus en plus sur les réseaux sociaux», ajoute M. Breault.

En 2026, il y a toujours 65 pays dans le monde qui criminalisent l’homosexualité et la situation demeure fragile à de nombreux endroits. D’où l’importance de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

Attention au «pinkwashing»

À l’approche du mois de la fierté, de nombreuses entreprises arboreront les couleurs du drapeau arc-en-ciel. Toutefois, plusieurs campagnes publicitaires ont été qualifiées de «pinkwashing» dans les dernières années, une façon pour les compagnies de projeter une image progressiste afin de détourner l’attention des pratiques douteuses de l’entreprise.

«Il y a des campagnes qui m’ont choqué ou qui m’ont fait réagir, qui étaient clairement identifiées comme gaywashing et du pinkwashing. Ce sont les campagnes que le premier jour du mois, ça sort, ça se termine à la fin du mois et la même visite de campagne va être recyclée pendant la Fierté Montréal au mois d’août», explique Pierre-Luc Delisle, expert web et président de Delisoft.

Certaines marques ont aussi tenté de se montrer inclusives, mais ont fini par se rétracter à cause de leur public cible, soutient Louis Aucoin, président d’Aucoin Stratégie et Communication.

harley-davidson lgbtq+ (Harley-Davidson)

«Le bon exemple de ça, c’est Harley-Davidson qui a mis en valeur le drapeau de la fierté et qui s’est rendu compte que ses clients ne sont pas tout à fait rendus là. La marque, donc, a retiré l’image qu’il avait mise sur ses réseaux sociaux», explique-t-il.

Selon M. Aucoin, il est facile pour les entreprises de s’intégrer à la campagne de la fierté en arborant les couleurs de l’arc-en-ciel, mais qu’une simple célébration n’est pas assez.

«Ça prend des gestes en arrière», dit-il.

À voir dans la vidéo.