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«J’étais prêt à donner ma vie»: le témoignage d’un Canadien déployé en Afghanistan après le 11 septembre

Un caporal canadien revient sur ses deux missions et sur les séquelles invisibles qu’il a ramenées à la maison.

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«J’étais prêt à donner ma vie»: le témoignage d’un militaire déployé en Afghanistan après le 11 septembre 2001 Le caporal Patrick Kègle se confie sur ses missions en Afghanistan à l'occasion des 25 ans du 11 septembre 2001.

La tragédie des attentats du 11 septembre 2001 a mené le Canada en Afghanistan, où plus de 40 000 membres des Forces armées canadiennes ont servi entre 2001 et 2014. Le caporal Patrick Kègle était l’un d’eux et a accepté de se confier au micro de Noovo Info sur son expérience.

«C’était une attaque directe contre la démocratie. On s’est sentis interpellés dès les premières images qu’on a eues», se souvient celui qui a fait deux missions en Afghanistan.

Voyez ou revoyez l’émission spéciale de Noovo Info sur les 25 ans des attentats du 11 septembre.

«On sait qu’il se passe quelque chose de grave qui va changer le cours de notre histoire. C’est clair et net», poursuit M. Kègle, qui a été déployé pour la première fois en 2004.

La plus longue mission canadienne

L’intervention du Canada en Afghanistan a duré un peu moins de 13 ans. Pendant celle-ci, 158 membres des Forces armées canadiennes ont perdu la vie.

«C’est sans compter ceux qui reviennent avec des blessures invisibles, des chocs post-traumatiques, des blessures physiques», rappelle Patrick Kègle, qui confie avoir perdu des amis proches au combat.

L’ancien militaire raconte qu’à son arrivée sur le terrain, il a surtout été marqué par les scènes de dévastation et de misère qui l’ont accueilli.

«Quand on est parti là-bas, on avait la conviction d’apporter du changement. Au départ, on était là pour le 11 septembre, mais quand on arrive dans un pays aussi démuni, où la terreur règne […] on essaie de se raccrocher à nos valeurs», poursuit-il.

M. Kègle ajoute ressentir aujourd’hui de la fierté de son déploiement.

«Il y a un sentiment de fierté. Il ne faut pas oublier. Et il ne faut pas oublier tous ceux qui sont morts le 11 septembre. C’était des civils, ils ne se sont pas attaqués à des militaires en face-à-face, c’était des gens qui n’avaient rien à voir avec la guerre», partage-t-il.

«J’étais prêt, à ce moment-là, à donner ma vie pour la démocratie.»

—  Le caporal Patrick Kègle

Mais si le militaire tire de la fierté de son implication, il est aussi revenu de son déploiement avec un choc post-traumatique.

«C’est sûr que ça change le cours d’une vie de revenir avec ces séquelles. D’avoir perdu des camarades, des frères d’armes... Il faut essayer de s’accrocher à quelque chose», témoigne M. Kègle, qui a aussi été blessé physiquement en 2009, lorsqu’il a roulé sur un mine antichar.

Pour autant, il ne regrette pas et ne considère pas «être allé en Afghanistan pour rien».

«Si on parle du 11 septembre, il fallait y aller. Si on parle aujourd’hui de revoir les femmes qui n’ont pas le droit de parole, qui n’ont pas le droit d’aller à l’école... C’est sûr que pour moi, c’est un échec. J’y croyais, quand je suis allé à Kaboul», confie-t-il à Marie-Claude Paradis-Desfossés.

Voyez l’entrevue intégrale du caporal Patrick Kègle dans la vidéo liée à l’article.