L’unité de naissance de l’hôpital de Saint-Eustache sera fermée du 14 au 17 août et du 21 au 24 août prochain, une situation qui inquiète plusieurs femmes de la région qui sont sur le point d’accoucher.
C’est le cas d’Audrey Jacques. Elle doit accoucher de son deuxième enfant le 24 août prochain.
Les futures mamans sont invitées à se déplacer à Saint-Jérôme ou à Laval pour leur accouchement durant la période de fermeture. Le CISSS des Laurentides demande aux femmes enceintes d’appeler à l’unité de naissance avant de se déplacer. On indique également qu’une infirmière spécialisée en obstétrique sera présente 24 h sur 24 pour les évaluer et les orienter vers un autre centre hospitalier.
«J’avais hâte de rencontrer mon médecin pour poser mes questions. Je pensais qu’elle allait me rassurer, mais finalement, j’ai vu dans ses yeux que ça allait être un contexte un peu chaotique», raconte Mme Jacques.
Elle soutient que son premier accouchement a été «très rapide» et que généralement le deuxième accouchement va «encore plus vite», elle craint donc de ne pas avoir le temps de se rendre à Saint-Jérôme ou Laval lorsque son travail aura commencé.
«Sans trafic, c’est 30, 35 minutes dans les deux cas, puis avec trafic, dépendamment de l’heure… Saint-Jérôme, ça peut nous prendre 1 h. Laval 1 h, 1 h et demie», dit-elle.
Elle tente alors de déclencher le travail plus rapidement afin d’éviter les périodes de fermeture de l’unité de naissance de Saint-Eustache, qui se trouve à une dizaine de minutes de son domicile.
«On a eu des rendez-vous de stripping qu’on appelle, pour décoller les membranes, alors j’en ai eu deux cette semaine, deux rendez-vous d’acuponcture. Je mange des dattes, je fais du ballon, etc. Parce que je veux accoucher avant la fermeture», raconte la jeune maman.
La Dre Lilianne Brassard, vice-présidente de l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, soutient que les gestionnaires de l’hôpital de Saint-Eustache «travaillent fort» pour assurer la sécurité entourant les fermetures prévues de l’unité de naissance, afin que les patientes soient avisées en amont.
«On organise un peu plus de déclenchement avant le bris de service pour essayer d’offrir le service localement», explique-t-elle, en soulignant que l’instabilité de ces maternités est dangereuse et insécurisante pour les mamans.
Selon Santé Québec, ces fermetures seraient liées à un manque criant de gynécologue obstétricien. Une situation qui est loin d’être unique à Saint-Eustache, alors que la pénurie de gynécologues-obstétriciens se fait ressentir partout au Québec.
Selon la Dre Brassard, 50 postes de gynécologue obstétricien sont non pourvus à travers la province.
«Ça fait déjà plusieurs années qu’on s’entretient avec le ministère de la Santé, maintenant Santé Québec, pour sonner l’alarme. Le problème, c’est qu’il manque de gynécologues au Québec. On ne peut pas les inventer, on doit en former plus», souligne-t-elle.
Santé Québec affirme que des efforts sont déployés pour remédier à la situation, notamment en multipliant les démarches de recrutement.
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