Lorsque le président américain Donald Trump a promis de cibler «le pire du pire» — les criminels violents, les meurtriers, les violeurs et les pédophiles — par l’intermédiaire de l’ICE, Michelle Crichlow, une mère de famille canadienne, n’aurait jamais imaginé que le département américain de la Sécurité intérieure s’en prendrait à elle.
«Je ne suis pas une criminelle, je n’ai jamais commis aucun crime», a-t-elle expliqué à CTV News. «Je suis une mère.»
En juillet dernier, Michelle Crichlow traversait la frontière américaine avec sa fille de sept ans, Quinn, pour rendre visite à sa famille à Toronto pendant les vacances.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
Après avoir confié sa fille à ses cousins, Michelle Crichlow a pris un vol pour retourner à Baltimore, où elle vit depuis 2017. Elle raconte avoir été «signalée» à l’aéroport international Pearson et s’être ensuite vu demander de passer par l’aéroport international de Dulles, en Virginie du Nord, pour rentrer aux États-Unis.
Mme Crichlow a découvert par la suite que son statut de «personne signalée» était dû à une carte verte [Green card N.D.L.R] périmée. Après avoir divorcé de son mari américain en 2022, elle n’avait pas accompli les démarches légales nécessaires pour mettre à jour son statut d’immigration.
«Ils m’ont pris mon passeport, m’ont emmenée en contrôle secondaire et c’est là que je suis restée pendant 11 heures», a relaté Mme Crichlow. «Ils m’ont pris ma carte verte ; ils m’ont pris mon téléphone… finalement, ils m’ont dit que j’étais en état d’arrestation.»
Mme Crichlow a passé la nuit dans une cellule avant d’être menottée et conduite vers un centre de détention de l’ICE en Virginie du Nord.
Mme Crichlow explique qu’elle n’a pas pu contacter sa famille, y compris sa fille, et que les agents de détention lui ont fait savoir qu’il s’agissait d’un cas de «nouvelle administration, nouvelles règles». On a donné à cette mère une couverture en papier d’aluminium, des rations militaires, et elle a été détenue pendant plusieurs heures supplémentaires.
«Tout le monde là-bas parlait espagnol. J’ai vu un garçon qui devait avoir environ 12 ans, et ils n’arrêtaient pas de m’assurer que je ne resterais pas… mais je savais que ces gens ne partaient pas.»
Au lieu d’être placée en détention, on lui a dit qu’elle devrait porter un bracelet électronique jour et nuit. Mme Crichlow explique que ce bracelet encombrant lui cause des coupures et des ampoules et qu’elle essaie de le cacher à ses voisins par crainte de ce qu’ils pourraient penser.

«C’est difficile à expliquer quand les gens le remarquent, surtout les enfants. Vous savez, je ne veux pas que quelqu’un me considère comme une mauvaise personne, ou comme si j’avais fait quelque chose de mal ou de criminel.»
Crichlow ne nie pas avoir commis une erreur coûteuse en ne renouvelant pas sa carte verte, mais elle affirme que par le passé, elle aurait reçu une amende de 700 dollars au lieu de risquer l’expulsion.
Aujourd’hui, elle est confrontée à la crainte très réelle d’être séparée de sa fille née aux États-Unis. Cette simple pensée fait fondre en larmes cette maman aimante.
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«Ma fille est toute ma vie. Je me suis battue bec et ongles pour mon enfant, et je ne peux pas, je n’abandonnerai pas. Je ne peux pas abandonner. C’est toute ma vie, là.»
Mme Crichlow se demande comment le pays qu’elle considère comme sa patrie depuis près d’une décennie peut traiter ses citoyens de cette manière.
«Cela m’a brisé le cœur. Cela a vraiment ébranlé ma foi et a malheureusement changé ma vision de l’Amérique», a-t-elle dit.
«Je veux que les autres Canadiens soient conscients de ce qui se passe… et que tout le monde fasse attention.»
Avec la contribution de Kristen Yu, de CTV News

