Cynthia a passé 10 ans dans la rue. La femme de 36 ans a frôlé la mort à travers plus de 20 surdoses. Elle a réussi à se sortir de l’enfer du fentanyl et désire aujourd’hui lancer un message d’espoir à toutes les personnes en situation d’itinérance.
«On n’est pas là (dans la rue) par choix. Ce n’est pas un choix qu’on a décidé de faire. On a vécu des affaires terribles, puis c’est là le problème», dit-elle, insinuant que c’est ce qui pousse plusieurs personnes à tomber dans la drogue.
Elle raconte avoir commencé à consommer du fentanyl à 23 ans, mais qu’elle ne se serait jamais vu entrer dans cette dépendance avant de se retrouver à la rue.
«Je voyais les gens consommer ça. Je me disais que je n’allais JAMAIS toucher à ça. Mais finalement, je suis tombée dedans», raconte-t-elle.
Elle explique que le fentanyl est une drogue «très très puissante», qui permet aux personnes en situation d’itinérance de se déconnecter.
«Une fois que tu essayes, t’as le bon feeling de la vie, mais sans savoir que tu donnes ta main au diable. Tu te déconnectes complètement, tu n’as plus d’émotions. Et dans la rue, c’est tellement difficile que justement, on se sent bien là-dessus», dit-elle.
«Ça m’a pris tellement d’années à essayer de lâcher cette drogue-là. J’ai joué avec ma vie carrément. Ça me coûtait 20 $ pour mourir.»
— Cynthia

«J’ai été déclarée morte pendant 28 secondes», se souvient Cynthia après avoir fait une surdose. C’est d’ailleurs après ce moment de sa vie qu’elle a eu le déclic.
«Je suis resté à l’hôpital pendant un bon deux mois. J’ai pu faire mon sevrage à l’hôpital. J’étais rendue sobre et j’étais contente, j’ai recommencé à avoir des émotions. Je recommençais à sentir que j’étais vivante. Et c’est là que j’ai eu le déclic», dit-elle.
Aujourd’hui, Cynthia est sobre depuis plus d’un an et elle juge qu’elle aurait fait des choix différents si on lui avait offert de l’aide avant de sombrer dans la drogue.
«Nous on peut lever la main pour avoir de l’aide, on le fait souvent. C’est juste qu’on ne se fait pas entendre. Je pense qu’il faut plus de gens dans la rue, des spécialistes», soutient la femme de 36 ans.
«Quand on sent qu’il y a de l’aide, on est prêt à vouloir se faire aider. Là, c’est rendu qu’on ferme les yeux sur ce qu’on voit. Je ne trouve pas ça normal et je n’ai pas trouvé ça normal quand j’étais dans la rue. J’aurais aimé ça me faire aider, j’aurais aimé que quelqu’un vienne me voir avant que ça aille trop loin, puis que je veuille me tuer.»

Elle souligne toutefois que rien n’est perdu pour les personnes qui souhaitent s’en sortir.
«Il y a quand même de l’espoir, mais il faut vraiment que tu veuilles. Moi ça m’a pris du temps, mais aujourd’hui je suis là.»
Si vous êtes en crise ou si vous connaissez quelqu’un qui l’est, voici quelques ressources disponibles:
Ligne de prévention du suicide au Canada (1-833-456-4566)
Centre de toxicomanie et de santé mentale (1 800 463-2338)

