Les emplois souvent occupés par des femmes et par des travailleurs qui ont une formation universitaire sont plus exposés à l’intelligence artificielle que d’autres, indique mardi l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).
En fait, 71 % des emplois occupés par des femmes sont dans des professions hautement exposées à l’intelligence artificielle. C’est le cas de seulement 49 % des emplois occupés par des hommes.
Cela s’explique par le type de métier ou profession occupé par les hommes et les femmes.
«Elles occupent des professions, notamment dans le secteur public, la santé, l’éducation. Ce sont des professions qualifiées qui, souvent, peuvent mettre à profit l’intelligence artificielle. Tandis que chez les hommes, principalement, on les retrouve beaucoup dans la production, dans les métiers spécialisés, dans la soudure, la charpenterie, la construction, la fabrication. Ces métiers sont beaucoup moins propices à l’utilisation de l’intelligence artificielle», explique en entrevue Luc Cloutier-Villeneuve, analyste expert en statistiques du travail à l’ISQ.
De même, les emplois requérant une formation universitaire sont plus exposés, puisqu’ils nécessitent de plus grandes compétences cognitives, et non manuelles.
Être exposé à l’intelligence artificielle ne veut pas nécessairement dire voir son emploi potentiellement menacé par celle-ci, insiste M. Cloutier-Villeneuve.
«Dans les professions pour lesquelles l’intelligence artificielle peut être complémentaire, on s’entend que ça vient améliorer la productivité, l’efficacité, éliminer des tâches qui peuvent être fastidieuses. Donc, ça ‘augmente’ l’emploi, ça permet de faire plus de choses. Dans le cas des professions qui sont moins complémentaires, il y aurait un risque, là, que certaines tâches puissent être effectuées par l’intelligence artificielle. Il y en a qui vont même jusqu’à dire qu’il y a des emplois qui pourraient être menacés.»
D’ailleurs, si certains métiers et professions qualifiés font face à l’intelligence artificielle, d’autres, moins qualifiés, font plutôt face à l’automatisation et à la robotisation. «On est vraiment dans une forme de polarisation», ajoute M. Cloutier-Villeneuve.
L’âge est aussi un facteur. Les emplois des jeunes sont moins exposés à l’intelligence artificielle.
Là encore, l’ISQ note que c’est dû au type d’emploi occupé. Les jeunes qui sont encore aux études occupent plus souvent un emploi peu qualifié, dans des industries comme le commerce de détail, la restauration, l’hébergement, donc moins directement touché par l’intelligence artificielle.
De façon générale, ce sont 2,7 millions d’emplois qui étaient considérés comme «présentant une haute exposition» à l’intelligence artificielle, en 2024 au Québec, soit 59 % des emplois, note l’ISQ.

