La solution aux problèmes du réseau de l’éducation ne passe pas par l’intégration tous azimuts des écoles privées au réseau public, estime la CSQ.
La centrale syndicale, qui compte 125 000 de ses 235 000 membres en éducation, tant au public qu’au privé, estime que soutenir qu’il suffit de rendre les écoles privées publiques, en intégrant tout le personnel, «ce n’est pas si simple que ça».
«L’idée simple de dire: on défait l’école privée, plus subventionnée, puis on intègre le personnel, puis les enfants dans l’école publique, ça a été démontré, autant économiquement qu’au niveau organisationnel, que ce n’est pas si simple que ça. Et le gain n’est pas si grand», estime le président de la CSQ, Éric Gingras.
Il rencontrait la presse, mercredi, dans le cadre d’une conférence de presse sur la rentrée scolaire au privé, aux côtés de la présidente de la Fédération du personnel de l’enseignement privé, Marie-Josée Dallaire.
La Centrale des syndicats du Québec a ainsi changé de position sur le sujet, après avoir consulté ses membres, elle qui milite, depuis, pour la tenue d’états généraux sur l’éducation.
«On est venu à se rendre à l’évidence que ce n’était peut-être pas la bonne solution, qu’il existait d’autres solutions, notamment celle proposée par le groupe École ensemble, qui, eux, proposent un réseau commun des écoles, où les écoles privées continuent à exister, deviennent subventionnées à 100 %, si elles ne choisissent plus leurs élèves et, donc, prennent les élèves du territoire», a résumé M. Gingras.
«On a des réserves sur (l’idée de) faire ça partout. On pense que ça prend un projet pilote pour commencer à faire ça. Mais on voit quelque chose d’intéressant (dans ce concept)», a opiné M. Gingras.
Des états généraux sur l’éducation serviraient justement à discuter de ce qu’on attend de l’école, de la place du privé, de l’école à trois vitesses, du soutien aux élèves en difficulté, de la formation professionnelle, de l’intelligence artificielle, de la violence à l’école et autres, plaide M. Gingras.
Et il tient à ce que l’école privée y participe, parce qu’elle aussi est concernée.
Il plaide pour une telle vision globale, plutôt que de régler les problèmes à la pièce.
«Les bras nous tombent»
Il est d’ailleurs indéniable, selon lui, qu’il existe bel et bien une école à trois vitesses, contrairement à ce qu’a affirmé la cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, qui n’y croit «pas vraiment».
«Quand on entend la première ministre, qui est cheffe de la Coalition avenir Québec, nous dire qu’il n’y a même pas de problème d’école à trois vitesses, bien là, vraiment, les bras nous tombent», s’est exclamé M. Gingras.
À ses côtés, Mme Dallaire a voulu recadrer l’image de l’école privée, soulignant que le manque de respect envers l’autorité, la violence et la montée des courants misogyne et homophobe y sont aussi des réalités, comme dans l’école publique.
«Il y a toujours une petite crainte à parler de la réalité des personnels de l’éducation privée. Pourquoi? Parce qu’on a toujours peur de passer pour des bébés gâtés. On a toujours peur de dire: on va avoir l’air de se plaindre la bouche pleine. Au Québec, on s’est fait une espèce d’image idéalisée des écoles privées et ça devient difficile de nous exprimer», a déploré Mme Dallaire.

