Le marché immobilier concurrentiel du Québec pousse davantage d’acheteurs à prendre des risques, notamment en achetant des maisons sans garantie légale.
De nouvelles données de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) montrent que 43% de toutes les ventes résidentielles au Québec en 2025 ont été conclues sans garantie légale, soit une forte augmentation par rapport aux 12% enregistrés en 2011. Cela représente 41 517 transactions sur un total de 97 161 ventes l’année dernière.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Ce changement a été constant, mais considérable au cours de la dernière décennie.
À Montréal en particulier, 5 917 des 17 366 transactions résidentielles en 2025 ont été conclues sans garantie légale, ce qui représente 34% de toutes les ventes sur l’île.
«Ce que nous observons sur le marché, c’est que beaucoup de gens prennent des risques parce qu’ils veulent une maison. Il n’y a plus de maisons disponibles, c’est celle qu’ils veulent, et ils sont prêts à prendre ce risque», a expliqué Nathalie Bégin, directrice des pratiques de courtage à l’APCIQ.
Qu’est-ce qu’une garantie légale?
Une garantie légale protège les acheteurs contre les vices cachés, c’est-à-dire les problèmes qui peuvent ne pas apparaître lors d’une inspection de la maison. Grâce à une garantie légale, un acheteur peut exiger du vendeur qu’il répare certains problèmes, ce qui peut lui faire économiser des dizaines de milliers de dollars.
Les litiges entre acheteurs et vendeurs sont plus fréquents que beaucoup ne le pensent, selon Mme Bégin.
«Ce n’est pas rare qu’une situation se présente. Vous vendez votre maison et, trois ans plus tard, vous recevez une lettre. C’est donc un peu effrayant.»
— Nathalie Bégin, directrice des pratiques de courtage à l’APCIQ
Lorena Lopez Gonzalez, présidente de l’Association des notaires professionnels du Québec, explique que, par le passé, les transactions sans garantie légale se limitaient généralement aux ventes immobilières ou aux propriétés appartenant à des banques. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et elle affirme que l’absence de garantie ne semble pas avoir d’incidence significative sur les prix de vente.
«Au cours des cinq dernières années, le nombre de transactions sans garantie a été très, très élevé, anormalement élevé même, je dirais», a-t-elle dit.
Mme Lopez Gonzalez conseille aux acheteurs d’opter pour une garantie légale dans la mesure du possible. Mais pour ceux qui choisissent de ne pas le faire, elle estime qu’il est essentiel de comprendre les conséquences, de procéder à une inspection approfondie et d’examiner attentivement la déclaration du vendeur.
«Que signifie acheter sans garantie légale? Cela signifie que je ne peux pas me retourner contre mon vendeur s’il y a un problème avec le bien immobilier», a-t-elle avancé.
Le marché immobilier québécois continuant de favoriser les vendeurs, les experts du secteur s’attendent à ce que le nombre de maisons vendues sans garantie légale continue d’augmenter.

