Société

Il faut mieux prévoir la capacité d’accueil, selon le milieu des affaires

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La grande région de Montréal pourrait perdre 113 000 habitants d’ici une décennie. Le signe «Bonjour Montréal» photographié à Montréal le 6 juillet 2023. LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz La grande région de Montréal pourrait perdre 113 000 habitants d’ici une décennie. Le signe «Bonjour Montréal» photographié à Montréal le 6 juillet 2023. LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz (Ryan Remiorz/La Presse canadienne)

La grande région de Montréal pourrait perdre 113 000 habitants d’ici une décennie, un déclin démographique qui risque de nuire aux entreprises, s’inquiètent les chambres de commerce de la région.

C’est le constat d’une étude de la firme Aviseo Conseil commandée par le Regroupement des chambres de commerce du Grand Montréal, dévoilée mercredi.

«Il y a un mur devant nous, prévient le président-directeur général de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM), Jean-Denis Charest, en conférence de presse. (…) Quelles sont les réponses des gens qui aspirent à être notre gouvernement?»

Cette trajectoire, avec le vieillissement de la population, fait en sorte que le poids de la population en âge de travailler diminuerait par rapport aux jeunes et aux aînés.

Le rapport estime qu’il faudrait remonter les seuils d’immigration permanente à 61 000, annuellement, à travers le Québec pour freiner le déclin dans la région de Montréal. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a adopté une cible de 45 000. 

En pleine campagne électorale, M. Charest évite de commenter les cibles des différents partis, lorsque questionné sur celle du Parti québécois (PQ), qui vise 35 000 immigrants permanents par année.

«On peut passer notre temps à parler de ces seuils-là à court terme, déplore M. Charest. La réalité, c’est qu’on demande aux partis de faire un pas de recul.»

Les chambres de commerce de la région métropolitaine croient qu’il est temps de faire une consultation plus large, avec d’autres acteurs de la société civile, comme les syndicats, les villes et le milieu communautaire, afin de mieux anticiper les besoins démographiques et la capacité d’accueil à long terme. 

Le rapport reconnaît que la capacité d’accueil est limitée pour le moment. L’accès au logement est sous tension, selon les conclusions d’Aviseo. 

Le réseau routier et de transport en commun montre des signes de saturation. L’accès aux services en santé, en éducation et en francisation est également difficile. 

«Il faut se demander comment on peut augmenter notre capacité d’accueil, plaide M. Charest, mais pour ça, encore faudrait-il avoir une bonne compréhension des critères qui composent la capacité de l’accueil.»

«Je pense qu’actuellement, on n’est pas équipé collectivement pour établir de bonnes politiques publiques à long terme qui vont protéger l’avenir de la grande région de Montréal, mais aussi du Québec», enchaîne-t-il.

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste