Société

Il achète des billets pour la Coupe du monde via un revendeur et attend toujours son remboursement

Carlos Da Silva devait aller voir un match de la Coupe du monde avec son fils quand il a reçu un message texte lui disant de faire demi-tour.

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Des partisans canadiens se dirigent vers le stade B.C. Place avant le match de soccer opposant le Canada à la Suisse dans le cadre du groupe B de la Coupe du monde, à Vancouver, le mercredi 24 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacob Mallari Des partisans canadiens se dirigent vers le stade B.C. Place avant le match de soccer opposant le Canada à la Suisse dans le cadre du groupe B de la Coupe du monde, à Vancouver, le mercredi 24 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacob Mallari (JACOB MALLARI)

Carlos Da Silva était déjà en route vers le Toronto Stadium pour aller voir un match de la Coupe du monde avec son fils quand il a reçu un message texte lui disant de faire demi-tour, car ses billets ne seraient pas valables.

Le résident de Vaughan a reçu un message WhatsApp de la personne à qui il avait acheté ses billets via un revendeur tiers, indiquant qu’il y avait un problème pour traiter les billets.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«On a commencé à paniquer: “Comment ça ?”», a-t-il raconté lors d’une entrevue avec CTV News Toronto. «J’ai un client que je suis censé retrouver là-bas avec son fils, un de mes principaux clients à qui j’avais promis ces billets, je ne peux pas me retrouver dans cette situation.»

Une capture d'écran de l'avis reçu par Carlos Da Silva concernant ses billets pour la Coupe du monde, pour le match Canada - Bosnie-Herzégovine du 12 juin 2026. (Photo fournie) Une capture d'écran de l'avis reçu par Carlos Da Silva concernant ses billets pour la Coupe du monde, pour le match Canada - Bosnie-Herzégovine du 12 juin 2026. (Photo fournie)

M. Da Silva avait acheté des billets via Balance Inc. pour le match de Coupe du monde de la FIFA opposant le Canada à la Bosnie-Herzégovine. Il a choisi Balance Promotions Inc. parce qu’il en avait entendu parler et connaissait leur réputation, et qu’il se sentait en confiance pour cet achat. Pour quatre billets, il a payé 5250$ par virement électronique, soit environ 1310$ par place.

Au lieu d’être assis dans les tribunes du stade pour assister au tout premier match de Coupe du monde sur le sol canadien, ils ont regardé le match depuis l’intérieur d’un restaurant. Ça a été une énorme déception, a-t-il avoué.

«J’ai essayé d’appeler ce monsieur, introuvable. Je lui ai envoyé des messages, introuvable. À chaque message qu’on lui envoyait, on recevait la même réponse automatique, et c’était tout.»

—  Carlos Da Silva

La Coupe du monde est terminée depuis longtemps, et il attend toujours son remboursement. Il dit qu’il n’est pas le seul à attendre un remboursement, puisqu’il a rejoint un groupe WhatsApp d’une trentaine d’autres personnes dans la même situation.

«On s’est retrouvés un peu dans la même galère», a-t-il rapporté. «Ça fait plus de 100 000 dollars de pertes au total pour tout le monde.»

Dans un courriel envoyé à ceux qui attendent toujours leur remboursement, consulté par CTV News, Balance Promotions Inc. a demandé un «délai supplémentaire» pour finaliser les remboursements. Le courriel a été envoyé le 19 août.

«À part ceux qui ont reçu leurs billets ou une partie de leur remboursement, on comprend que certains d’entre vous attendent déjà depuis un moment, et on reconnaît la frustration et l’inquiétude que de nouveaux retards pourraient causer», a-t-on indiqué, ajoutant que l’entreprise reconnaît que le processus prend plus de temps que prévu. «On ne demande à personne d’oublier ce qu’on lui doit. On demande simplement un peu de patience et un peu plus de temps pendant qu’on s’acquitte de nos obligations de manière responsable.»

«On comprend ta frustration»

Contactée pour commenter, Balance Promotions Inc. n’a pas précisé la raison du retard dans les remboursements, mais a reconnu être «au courant des problèmes de remboursement en suspens concernant certaines transactions de billets pour la Coupe du monde».

«On comprend la frustration causée par ces retards et on reconnaît que les délais de remboursement annoncés n’ont pas été respectés dans certains cas», a-t-on déclaré dans un courriel adressé à CTV News.

La police régionale de Halton a confirmé à CTV News qu’une plainte avait été déposée et que son unité chargée de la criminalité financière enquêtait sur 11 plaintes.

«Je n’ai pas d’informations nouvelles sur l’état d’avancement de l’enquête pour le moment», a précisé l’agent Ryan Anderson dans un courriel.

La police rappelle au public de faire preuve de prudence lors de l’achat de billets en ligne, de s’adresser à des revendeurs agréés et d’éviter d’acheter via les réseaux sociaux.

Linda Visser, associée au sein du département des recours collectifs du cabinet Siskinds LLP, a expliqué que le recours à des plateformes fiables offre une protection aux consommateurs en cas de problème avec leurs billets, par exemple s’ils ne sont pas livrés ou ne fonctionnent pas sur place.

Devrait-on interdire la surenchère lors de la revente de billets de sports et de spectacles? Nos débatteurs : Meeker Guerrier, Maude Goyer, Justine McIntyre et François Lambert.

«Je pense que certaines d’entre elles rembourseront les billets, mais pas forcément tes frais de déplacement», a-t-elle mentionné lors d’une entrevue avec CTV News. «Mais il s’agit simplement de te protéger en utilisant des plateformes réputées, en vérifiant leurs conditions générales avant d’envoyer de l’argent, pour t’assurer qu’elles disposent bien d’une politique de remboursement en cas de problème.»

Carlos Da Silva souligné que le groupe avait envisagé de faire appel à un avocat pour poursuivre Balance Promotions inc. devant le tribunal des petites créances, mais qu’il envisage désormais d’engager un assistant juridique pour défendre leur cause.

Linda Visser ne représente ni M. Da Silva ni aucune des personnes lésées, mais indique qu’il existe plusieurs options à explorer, comme saisir le tribunal des petites créances individuellement ou en groupe dans le cadre d’un recours collectif.

«La décision d’un cabinet d’accepter de prendre cette affaire sur la base d’honoraires conditionnels dépendra des faits de l’affaire, de l’ampleur des réclamations, des montants en jeu et du nombre de personnes concernées», a-t-elle dit.

Vient ensuite la question de l’exécution du jugement et des actifs disponibles. «Y a-t-il des actifs sur lesquels on peut saisir, ou est-ce que cette entité a tout simplement pris l’argent et l’a déjà dépensé ? C’est une question cruciale que je me poserais dans un cas comme celui-ci», a ajouté Mme Visser.

Carlos Da Silva a souhaité s’adresser aux médias pour éviter que d’autres ne se retrouvent dans des situations similaires. «Parfois, il faut aller droit au but. Tu penses peut-être économiser un ou deux dollars, mais en réalité, tu te retrouves avec bien plus de problèmes», a-t-il conclu.