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ICE dans les aéroports américains: ce que les voyageurs canadiens doivent savoir

«S’ils vous posent des questions supplémentaires, vous êtes tenus d’y répondre honnêtement.»

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Des agents de l'ICE patrouillent aux alentours de l'aéroport international de Washington Dulles, à Chantilly, en Virginie, le mardi 24 mars 2026. Des agents de l'ICE patrouillent aux alentours de l'aéroport international de Washington Dulles, à Chantilly, en Virginie, le mardi 24 mars 2026.

La paralysie partielle du gouvernement américain, qui a perturbé le trafic aérien, a conduit le président américain Donald Trump à ordonner le déploiement de policiers fédéraux de l’immigration (ICE) dans certains aéroports américains.

Le financement habituel du Département américain de la sécurité intérieure a été suspendu à la mi-février, à l’approche de la saison printanière, période de forte affluence, ce qui a privé les employés des aéroports de leur salaire.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

L’administration Trump a déclaré qu’elle renforcerait les effectifs de l’Administration américaine de la sécurité des transports (TSA) dans certains aéroports, mais n’a fourni que peu de détails sur la nature exacte de leur mission.

Après des semaines sans salaire, de nombreux agents de la TSA se sont mis en arrêt maladie — voire ont démissionné — alors que les difficultés financières s’accumulent. Le manque de personnel a contraint certains aéroports à fermer temporairement des points de contrôle, ce qui a entraîné des variations considérables des temps d’attente pour les voyageurs.

Près de 11% des agents de la TSA qui devaient prendre leur service lundi — soit plus de 3200 personnes — étaient absents, et au moins 458 ont démissionné depuis le début de la fermeture, selon le Département américain de la sécurité intérieure.

Une augmentation visible du nombre d’agents de l’ICE dans les aéroports suscite des inquiétudes parmi les voyageurs — y compris les Canadiens — quant à ce que cela signifie pour les voyages transfrontaliers.

Mais selon l’avocate spécialisée en droit de l’immigration Ksenia Tchern McCallum, ce changement relève davantage de la logistique que d’un changement de politique fondamental — même s’il continue de susciter de l’anxiété.

Pas nouveau

Me McCallum explique que l’ICE a toujours été présent dans les aéroports, principalement pour gérer les expulsions et les renvois.

Elle ajoute que ce qui a changé, c’est la visibilité et l’implication des agents de l’ICE dans les opérations quotidiennes des aéroports, comme les contrôles de documents, le contrôle des foules et la gestion des files d’attente.

«C’est ce qui inquiète tout le monde, (y compris) les Canadiens qui se sont rendus aux États-Unis pour quelques mois ou qui ont peut-être dépassé la durée prévue de leur séjour, mais qui restent dans les limites légales: comment vont-ils être traités par les agents qui vérifient leurs documents?» a-t-elle expliqué.

L’avocate spécialisée en droit de l’immigration souligne que la TSA et l’ICE ne remplacent pas le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP), qui continue de prendre les décisions en matière d’immigration — une distinction importante que les voyageurs devraient garder à l’esprit, selon elle.

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Pour les citoyens canadiens, les voyages aux États-Unis restent exempts de visa pour les séjours de courte durée allant jusqu’à six mois. Un passeport canadien valide est requis. Les résidents permanents canadiens, les travailleurs temporaires et les étudiants doivent quant à eux obtenir un visa.

Selon le site web du gouvernement fédéral canadien: «Vous devez déclarer la durée prévue de votre séjour à votre entrée aux États-Unis.»

«Ce n’est pas parce que nous sommes exemptés de visa que notre entrée est garantie. Avoir un visa, c’est simplement demander l’autorisation d’entrer aux États-Unis. En fin de compte, la décision revient à l’agent frontalier», a rappelé Me Ksenia Tchern McCallum.

Les voyageurs canadiens doivent se conformer aux lois américaines et répondre honnêtement aux questions qui leur sont posées, précise l’avocate.

«S’ils vous posent des questions supplémentaires, vous êtes tenus d’y répondre honnêtement et, de toute façon, ils peuvent consulter toutes ces informations», a-t-elle ajouté.

Les voyageurs fréquents sous la loupe

Selon l’avocate spécialisée en droit de l’immigration, les voyageurs fréquents, en particulier ceux qui voyagent pour affaires, font l’objet d’une surveillance accrue et peuvent être soumis à un interrogatoire plus approfondi.

«Si vous voyagez si souvent, êtes-vous réellement ici pour faire ce que vous dites faire?», a demandé Me Ksenia Tchern McCallum, précisant que c’est la principale question à laquelle ils veulent une réponse.

Pour ceux qui viennent aux États-Unis pour travailler, l’avocate explique que la manière dont les voyageurs décrivent leur voyage peut déclencher un contrôle plus approfondi.

«Venez-vous pour travailler? Quelqu’un vous a-t-il engagé pour faire quelque chose? Votre employeur canadien vous envoie-t-il rencontrer des clients ou assister à des réunions? Ils ont simplement besoin de cette clarification», a-t-elle prévenu.

Des agents de l'ICE patrouillent à l'aéroport international Louis Armstrong (MSY) à Kenner, en Louisiane, le lundi 23 mars 2026. Des agents de l'ICE patrouillent à l'aéroport international Louis Armstrong (MSY) à Kenner, en Louisiane, le lundi 23 mars 2026. (David Grunfeld/The New Orleans Advocate via AP)

Me Ksenia Tchern McCallum conseille d’éviter les formulations indirectes, mais plutôt «d’être très précis quant à l’objet du voyage».

Elle souligne que pour les voyageurs — y compris les snowbirds — qui reviennent fin mars ou début avril et qui pourraient être inquiets, elle rappelle aux personnes concernées de présenter les documents demandés.

Les demandes de documents peuvent inclure des lettres de confirmation d’emploi, qui doivent préciser les conditions d’emploi, telles que la durée du travail, la raison de votre voyage (qui peut inclure une conférence, une réunion d’équipe ou un événement de team building) — tous ces éléments devant figurer dans la lettre.

L’avocate ajoute que la lettre doit également indiquer que la rémunération provient d’une entité canadienne.

Plus difficile pour les travailleurs indépendants

«Si vous êtes travailleur indépendant et que vous exercez une activité en pigiste, c’est là que vous pouvez vous retrouver en terrain glissant», a prévenu me Ksenia Tchern McCallum.

En l’absence d’une structure employeur-employé claire, les travailleurs indépendants font souvent l’objet d’un contrôle plus strict à la frontière, en particulier lorsque leur travail implique des clients ou des projets aux États-Unis.

«Si vous êtes photographe et que vous vous rendez aux États-Unis pour réaliser une séance photo pour un client américain, il s’agit d’un travail, et cela n’est pas autorisé», a mentionné l’avocate, à moins d’avoir obtenu un visa de travail.

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L’un des visas les plus courants est le visa TN (Trade NAFTA), qui permet aux citoyens canadiens de travailler temporairement aux États-Unis dans des domaines professionnels spécifiques dans le cadre de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

Parallèlement, le télétravail ajoute une couche supplémentaire de complexité. De nombreux voyageurs pensent qu’ils peuvent simplement emporter leur ordinateur portable et continuer à travailler pendant leur séjour aux États-Unis, surtout si leurs clients sont basés au Canada.

«Techniquement, vous n’êtes même pas censé faire du télétravail depuis les États-Unis. Ils ne croient pas aux nomades numériques», a-t-elle dit.

Liste de contrôle pour les voyageurs

L’avocate spécialisée en droit de l’immigration Ksenia Tchern McCallum recommande aux voyageurs de préparer leur itinéraire, y compris les détails de leurs vols et de leur hébergement.

«Ayez une preuve de vos moyens financiers pour subvenir à vos besoins pendant votre séjour», a-t-elle conseillé, citant les relevés bancaires, les bulletins de salaire, une lettre d’emploi, un contrat de location ou une note de service de l’entreprise.

Me Ksenia Tchern McCallum insiste sur le fait que la préparation est essentielle.

«La bonne nouvelle, c’est que nous avons un système de pré-autorisation ici au Canada. Nous avons nos propres autorités canadiennes (et) nos propres services de sécurité des transports qui ne seront pas remplacés par l’ICE. Ils ne remplacent pas le CBP», a-t-elle précisé.

«Gardez un œil sur ce qui se passe au sein du Département américain de la sécurité intérieure», a-t-elle dit. «Cela vous donnera une idée de la situation.»

Avec des informations provenant de l’Associated Press