Une websérie diffusée par une bijouterie de Québec ne fait pas l’unanimité auprès des intervenants en itinérance. On reproche au commerce de ne pas avoir respecté la dignité des participants.
Lancée sur les réseaux sociaux par la bijouterie Medusa, la série Homeless à Rolex suit six personnes en situation d’itinérance. Le commerce dit avoir accompagné les participants pendant plusieurs semaines et les a encouragés à sortir de la rue.
Le propriétaire de Bijoux Medusa, Julien Duguay, soutient que ce projet a permis de mettre en lumière le problème de l’itinérance cachée, alors que des personnes dorment dans leur voiture et non à l’extérieur.
Or, des intervenants remettent en doute le consentement libre et éclairé des participants, qui sont mis en compétition pour gagner un montant d’argent et une montre Rolex.

«Si je suis en grande difficulté financière et qu’on me fait miroiter un 10 000$, je suis peut-être prêt à faire des choses que je n’aurais pas faites», explique Eric Edström, du Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ).
Interrogé à ce sujet, M. Duguay estime que cette websérie fait réagir, car il n’a pas fait affaire avec un organisme officiel.
«L’itinérance, c’est très controversé et beaucoup de gens se l’approprient. Quand on ne passe pas par leurs organisations à eux, t’es perçu comme le mouton noir ou le méchant», a répliqué l’entrepreneur. «De l’argent, j’en ai plein, ça me fait plaisir (d’en donner), je vais aller la dépenser à Vegas sinon.»

De son côté, M. Edström salue le fait qu’on aborde le sujet de l’itinérance cachée dans la websérie. «Mais c’est fait de façon tellement malhabile, que ça nuit au propos plutôt que de l’aider», a-t-il nuancé.
La websérie en est désormais à sa deuxième saison et un intervenant de Lévis comptant près de 20 ans d’expérience y a pris part. Son employeur a rompu son lien d’emploi avec lui en début de semaine.
Une situation dénoncée par M. Duguay.
«Il a été traîné dans la boue. Au lieu de regarder le tout dans son ensemble, tous les gens qu’il a aidés, on regarde seulement deux mois de parcours», a-t-il conclu.

