Société

Hausse des abus financiers envers les aînés: appel à désigner une personne de confiance

Seuls 5% à 10% des cas de fraude sont signalés aux autorités, selon un rapport.

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Selon le Centre canadien de lutte contre la fraude, les Canadiens ont déclaré avoir été victimes d'escroqueries pour un montant record de plus de 704 millions de dollars l'année dernière, après un montant record de 645 millions de dollars en 2024 (pexels) Selon le Centre canadien de lutte contre la fraude, les Canadiens ont déclaré avoir été victimes d'escroqueries pour un montant record de plus de 704 millions de dollars l'année dernière, après un montant record de 645 millions de dollars en 2024 (pexels)

Un récent rapport de l’institut à but non lucratif Angus Reid Institute a tiré la sonnette d’alarme face à la recrudescence des cas de fraude visant les personnes âgées canadiennes.

Selon le Centre canadien de lutte contre la fraude, les Canadiens ont été victimes de fraudes pour un montant record de plus de 704 millions de dollars l’année dernière, après un autre record de 645 millions de dollars en 2024. Depuis 2022, les pertes déclarées ont dépassé les 2,4 milliards de dollars.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

Angus Reid note que le chiffre réel est bien plus élevé, car on estime que seuls 5% à 10% des cas de fraude sont signalés aux autorités.

L’étude révèle également que les personnes âgées de plus de 60 ans sont près de deux fois plus susceptibles que celles âgées de 18 à 29 ans de déclarer avoir été victimes de fraude au cours des deux dernières années.

Cette augmentation s’explique principalement par l’arrivée massive des baby-boomers à l’âge de la retraite et par l’allongement de l’espérance de vie. Le dernier recensement de Statistique Canada montre que le nombre de Canadiens âgés de 55 à 64 ans a dépassé pour la première fois celui des 15-24 ans, et que le nombre de personnes de plus de 85 ans devrait tripler au cours des 25 prochaines années.

Cette augmentation s’accompagne en grande partie des progrès de l’intelligence artificielle, mais il est choquant de constater que de nombreux fraudeurs sont souvent considérés comme des membres de la famille.

Pour endiguer ce phénomène, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) demandent aux conseillers financiers agréés de demander à leurs clients de désigner une personne de confiance (PC) à contacter s’ils ont des inquiétudes quant à la capacité d’un client à prendre des décisions financières, ou s’ils soupçonnent qu’un client est victime d’abus.

Les ACVM ont également donné aux conseillers le pouvoir de suspendre temporairement des transactions s’ils soupçonnent qu’un client souffre de démence.

Fraude du faux représentant: une dame atteinte d’un cancer a perdu 85 000$ En mai dernier, la mère de Iann Saint-Denis, Michèle Toso Saint-Denis, qui était alors atteinte d’un cancer du poumon de stade 4, reçoit un appel provenant de quelqu’un qui se présente comme un policier. Elle allait perdre au final une somme de 85 000$ à cause d'un fraudeur.

Choisir une personne de confiance

Selon les autorités de réglementation des valeurs mobilières, une PC doit être une personne en qui le client a confiance.

Il n’y a pas d’âge minimum requis, mais il doit s’agir d’une personne mature et capable d’aborder des conversations potentiellement difficiles concernant la situation personnelle du client.

Pour éviter tout conflit d’intérêts, elles conseillent de choisir une personne de confiance qui ne soit pas un bénéficiaire.

Le fait d’être désigné comme personne de confiance ne donne pas à cette personne l’accès au compte du client.

Les Canadiens âgés ont également la possibilité de désigner un mandataire, c’est-à-dire un document juridique qui confère à une ou plusieurs personnes le pouvoir de gérer l’argent et les biens d’une personne si un médecin détermine que celle-ci est incapable de le faire pour des raisons mentales ou physiques.

Les clients ne sont pas tenus de désigner un mandataire lorsqu’ils font appel à des conseillers financiers.

Cependant, de nombreux Canadiens âgés n’ont ni procuration ni même de conseiller financier. Il leur incombe donc de prendre eux-mêmes les mesures nécessaires.

Voici quelques suggestions pour prévenir l’abus financier des personnes âgées :

Assurez-vous que vos affaires financières et juridiques sont en ordre et que vos documents sont à jour

Vérifiez régulièrement tous vos comptes pour vous assurer qu’ils ne sont pas consultés à votre insu et que vos affaires juridiques, telles que la procuration, sont à jour.

Conservez des copies des documents que vous signez

Assurez-vous de bien comprendre tous les documents financiers que vous signez et conservez-en des copies dans vos dossiers personnels. Il est utile d’y faire apposer la signature d’un témoin.

Ouvrez tout votre courrier et examinez tous vos relevés personnellement

Ne confiez pas vos informations financières essentielles à quelqu’un d’autre. Si vous avez des questions ou si vous ne comprenez pas quelque chose, demandez à un conseiller qualifié, à votre banque ou à un avocat de vous l’expliquer.

Des enquêteurs dédiés aux crimes par fraude à Sherbrooke Les fraudes par téléphone augmentent sans cesse en Estrie : encore cette semaine, une dame de 84 ans a été victime de gens sans scrupules qui ont effectué plusieurs transactions dans des commerces avec ses cartes de crédit. Pour remédier à cette recrudescence, le Service de police de Sherbrooke a mis en place un groupe d’enquêteurs spécialisés dans les cas de fraudes.

Ne laissez pas votre famille ou vos amis vous pousser à prendre des décisions financières

Dans certains cas, la maltraitance des personnes âgées est le fait de membres de la famille ou d’amis. C’est vous qui avez le dernier mot sur les questions qui vous concernent. Envisagez de demander un avis juridique indépendant lorsque vous prêtez de l’argent, transférez la propriété d’un bien, révisez votre testament ou traitez des questions relatives à l’organisation des soins.

Assurez-vous de bien comprendre tout accord de procuration avant de le signer

Assurez-vous de savoir quels pouvoirs vous confiez et à qui vous les confiez, et de connaître le processus et les procédures pour résilier l’accord.