Selon le gouvernement fédéral, trois Canadiens ayant un lien avec une croisière touchée par un hantavirus mortel se sont placés en quarantaine chez eux, en Ontario et au Québec.
Deux Canadiens ont débarqué du navire sur l’île isolée de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud, il y a près de deux semaines. Ils ont pris le même vol de retour qu’un troisième Canadien qui n’était pas à bord du navire.
La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a indiqué que ce troisième Canadien «aurait pu entrer en contact avec une personne présentant des symptômes» et qu’il fait partie des personnes placées sous surveillance par les autorités locales.
Deux personnes sont isolées en Ontario et une au Québec.
Tous trois sont asymptomatiques et se sont mis en quarantaine, a précisé la ministre des Affaires étrangères dans un communiqué publié en ligne.
L’Organisation mondiale de la santé a déclaré jeudi avoir reçu des rapports faisant état de huit cas, dont trois décès, liés à l’épidémie sur le MV Hondius. Le virus des Andes, transmis par les rongeurs, est le seul hantavirus connu pour être capable d’une transmission limitée entre humains.
«Compte tenu de la période d’incubation du virus des Andes, qui peut aller jusqu’à six semaines, il est possible que d’autres cas soient signalés», a prévenu le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.
Mme Anand a indiqué dans son communiqué qu’Ottawa était en contact avec quatre Canadiens qui font partie des personnes encore à bord du navire, tandis que des agents consulaires se rendent aux îles Canaries pour suivre la situation. Les passagers devraient débarquer à Grandilla de Abona, sur ces îles, tôt dimanche matin, mais le gestionnaire de la croisière a noté que cela pourrait changer.
Les quelque 150 passagers restants sont en quarantaine dans leurs cabines et aucun ne présente des symptômes, selon la société néerlandaise Oceanwide Expeditions.
L’entreprise a précisé que les deux Canadiens qui ont débarqué le 24 avril faisaient partie des 30 passagers de 12 pays différents à avoir quitté le navire ce jour-là. Avec eux a été débarqué le corps d’un Néerlandais décédé le 11 avril, accompagné de sa femme, qui présentait des symptômes et est décédée le lendemain.
Le gestionnaire a indiqué qu’un troisième décès est survenu le 2 mai après qu’une femme à bord du navire a développé des symptômes le 28 avril.
La ministre québécoise de la Santé, Sonia Bélanger, a affirmé qu’à ce stade «aucun cas confirmé d’hantavirus n’a été identifié au Québec» dans un message publié sur les réseaux sociaux.
«Les autorités de santé publique nous indiquent que le risque pour la population est très faible. Il est aussi important de rappeler que la transmission interhumaine du hantavirus est extrêmement rare», a-t-elle rassuré.
Elle a ajouté qu’il semblerait que les deux personnes contaminées n’étaient pas à proximité du Québécois dans l’avion, rendant le risque de transmission encore plus faible.
Mme Anand et la ministre de la Santé, Marjorie Michel, n’ont pas répondu aux questions des journalistes, mais ont déclaré qu’une équipe travaillait en collaboration avec différents ministères et que les protocoles de santé publique seraient respectés.
Plus tôt jeudi, la ministre de la Santé de l’Ontario, Sylvia Jones, a rapporté que deux résidents de la province étaient en isolement depuis leur retour chez eux et que le gouvernement estimait qu’ils ne présentaient pas de risque de transmission.
«Mais la situation évolue et nous continuerons à surveiller ces cas», a affirmé Mme Jones en conférence de presse.
La ministre a indiqué que les responsables de la santé publique surveillaient quotidiennement les passagers pour s’assurer qu’ils respectaient bien leur isolement.
Elle a ajouté que la province se préparait à déterminer si d’autres personnes devaient rentrer au Canada et en Ontario, et qu’elle collaborait avec ses partenaires fédéraux pour garantir une approche cohérente.
Elle a indiqué que la période d’incubation et de surveillance durera probablement environ 30 jours.
Lors de précédentes épidémies du virus des Andes, la transmission entre personnes a été associée à des contacts étroits et prolongés, en particulier chez les membres d’un même foyer, les partenaires intimes et les personnes dispensant des soins médicaux, a noté le directeur général de l’OMS.
«Cela semble être le cas dans la situation actuelle, a-t-il remarqué. Bien qu’il s’agisse d’un incident grave, l’OMS estime que le risque pour la santé publique est faible.»
- Avec des informations de Dylan Robertson pour La Presse canadienne
