La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, dit ne pas vouloir interférer dans la négociation entre les entreprises ambulancières et les syndicats représentant des paramédics, au lendemain d’une décision du Tribunal qui a notamment souligné la longue durée de celles-ci, à chaque échéance des conventions.
Plus tôt cette semaine, les entreprises ambulancières ont échoué dans leur tentative de faire reconnaître la supervision des stages par des paramédics comme un service essentiel, dans le cadre des grèves qui ont cours présentement. Le Tribunal administratif du travail a rejeté la requête en ce sens des employeurs.
C’est dans ce cadre que le Tribunal a souligné «la durée des grèves qui surviennent à chaque échéance de convention collective. Ces inefficaces et donc interminables grèves sont de nature à plomber les relations du travail dans les entreprises ambulancières et ne favorisent ni l’attraction ni la rétention des paramédics».
«La durée des grèves sera déterminante. Si les parties négocient avec diligence et bonne foi, comme l’impose l’article 53 du Code du travail, le conflit pourrait se régler dans des délais permettant la reprise des stages dans les délais qui rendraient possible l’embauche des finissants au cours de l’été», a statué la juge administrative Myriam Bédard.
Interrogée à ce sujet vendredi, dans le cadre d’une conférence de presse portant sur un autre sujet, à Beloeil, la ministre Bélanger a convenu qu’il s’agissait de longues négociations, mais elle a refusé d’intervenir
«Je ne veux pas interférer dans la négociation. Il y a un processus de négociation en cours, actuellement. Je ne fais pas partie de la négociation.»
«Je suis ça de près», a-t-elle ajouté, louangeant le travail des paramédics sur le terrain.
Trois organisations syndicales sont concernées par cette décision du tribunal: la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), affiliée à la CSN, les Travailleurs ambulanciers syndiqués de Beauce (TASBI) et la Fédération du préhospitalier du Québec (FPHQ).
La Corporation des services d’ambulance du Québec s’est dite déçue de la décision du tribunal au sujet de la supervision des stagiaires. «Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre dans le secteur préhospitalier, le retard dans la diplomation de nouveaux paramédics risque d’accentuer la pression sur un réseau déjà fragilisé, particulièrement dans certaines régions qui peinent déjà à recruter et à maintenir leurs effectifs», a-t-elle commenté.
Elle dit souhaiter enfin un dénouement, en réitérant son appel «à toutes les parties, afin qu’elles redoublent d’efforts pour parvenir rapidement à une entente. Dans l’intérêt des patients, des paramédics et de la stabilité du réseau, il devient essentiel de trouver une solution dans les plus brefs délais».

