Une grève à durée indéterminée a été déclenchée à 9 h, lundi, chez Metro, plus précisément au centre de distribution de fruits et légumes à Laval, ainsi qu’au siège social.
La grève des 550 travailleurs inclut également les chauffeurs de l’entrepôt Mérite 1 à Rivière-des-Prairies.
Bien que le syndicat affirme qu’ils approvisionnent 1000 magasins du groupe Metro dans l’ensemble du Québec, la direction corrige l’information et assure qu’il s’agit plutôt de 300.
La direction de Metro s’est dite déçue du déclenchement de la grève. «Nous sommes très déçus de cette décision, tout particulièrement compte tenu du fait que nous négocions avec le syndicat depuis plusieurs mois afin de parvenir à une entente qui réponde aux besoins de nos employé(e)s et de nos clients dans un marché très concurrentiel», a commenté Caroline Larocque, vice-présidente, logistique et distribution, pour le Québec, dans un communiqué.
La grande entreprise du secteur de l’alimentation affirme avoir déployé son plan de contingence «afin de maintenir un approvisionnement normal en produits dans les magasins qu’elle dessert».
Le syndicat de la Fédération du commerce, affiliée à la CSN, détient déjà un mandat de grève générale illimitée, dont les membres se sont dotés dans une proportion de 97 %. La présente grève ne sera pas nécessairement illimitée; elle est à durée indéterminée, selon l’évolution de la situation, a fait savoir la partie syndicale lundi.
Le litige
Plusieurs points sont en litige. Sur le plan des salaires, le syndicat réclame un rattrapage salarial, puisque la précédente convention prévoyait des augmentations de 11 % entre les années 2019 et 2025.
Marie-Claude Bacon, vice-présidente aux affaires publiques et communications chez Metro, rapporte que le syndicat réclame 20 % d’augmentation pour la première année, puis 5 % la deuxième et 5 % la troisième année — «des demandes déraisonnables», affirme-t-elle.
Le syndicat rapporte que le salaire d’entrée à l’entrepôt est de 20,29 $ l’heure et, au siège social, de 19,88 $ l’heure.
À cela, Mme Bacon réplique qu’un «employé de référence» à l’entrepôt gagne 33,71 $ l’heure, puisqu’ils atteignent le maximum de l’échelle salariale après cinq ans.
Le syndicat veut également protéger les emplois des chauffeurs et leurs conditions de travail contre le recours à la sous-traitance.
L’ouverture au télétravail est également un enjeu pour les employés du siège social. Et les questions de santé et sécurité au travail font aussi partie du litige.
«Nous avons mis toutes nos énergies pour en arriver à un règlement au courant du week-end. Nous avons retiré plusieurs demandes pour nous concentrer sur nos priorités, nous avons fait plusieurs contre-propositions, mais, malgré cela, l’employeur demeure à des années-lumière de ce que les travailleuses et les travailleurs souhaitent obtenir, soit un rattrapage important du pouvoir d’achat perdu au cours des dernières années», a affirmé le président du Syndicat des travailleur(se)s des épiciers unis Metro-Richelieu, Matthieu Lafontaine.
La direction de Metro se dit néanmoins «déterminée à conclure une entente négociée dès que possible».

