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Fusillade à Tumbler Ridge: une survivante de Polytechnique parle du processus de guérison

«Les parents, les familles, les proches pourront apprendre beaucoup et puiser de la force dans l’amour et l’aide des autres.»

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Nathalie Provost via CTV News. Nathalie Provost via CTV News.

Une survivante de la fusillade scolaire la plus meurtrière du Canada affirme que la communauté en deuil de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, où un tireur a tué six enfants d’âge scolaire et deux adultes mardi, a un long chemin à parcourir pour se remettre de cette tragédie, mais qu’il y a de l’espoir.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Je pense que les parents, les familles, les proches pourront apprendre beaucoup et puiser de la force dans l’amour et l’aide des autres», a confié Nathalie Provost, survivante de la fusillade de l’École polytechnique et députée libérale de Châteauguay—Les Jardins-de-Napierville à CTV News Channel jeudi. «Il y a de l’espoir.»

Mme Provost a décrit le processus de guérison comme «un parcours fait de vagues», avec des moments extrêmement difficiles suivis de périodes plus calmes «où l’on sent que l’on va s’en sortir».

«C’est un peu comme respirer. On inspire, on expire, et on apprend à travers ce processus.»

—  Nathalie Provost, survivante de la fusillade de l’École polytechnique

En 1989, Mme Provost a été touchée à la jambe, au pied et au front par un tireur qui a tué 14 de ses camarades de classe dans une école d’ingénieurs à Montréal. La fusillade de Tumbler Ridge a été la plus meurtrière dans une école canadienne depuis lors.

Mme Provost a affirmé que les survivants de la fusillade de mardi, ainsi que les familles et les proches des victimes, auront chacun leur propre façon de faire face aux conséquences de la tragédie.

Ce qu’on sait sur les victimes de la fusillade à Tumbler Ridge La police a fourni des informations supplémentaires sur les victimes d’une fusillade de masse à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique.

«Lorsque vous devez vous battre pour votre vie et pour votre survie dans ce genre de tragédie, vous devez faire face à ce qui s’est passé, mais vous devez également faire face à votre passé», a-t-elle expliqué.

«Les familles devront s’occuper d’élever leurs enfants, mais aussi comprendre comment ils étaient et ce qui est bon pour eux aujourd’hui. Il n’y a pas de solution facile, nous devons tous puiser au plus profond de nous-mêmes pour trouver la force et comprendre notre propre histoire afin de trouver le chemin de la guérison», a-t-elle poursuivi.

Pour Mme Provost, qui, depuis le massacre de l’École polytechnique, est devenue une fervente défenseure du contrôle des armes à feu et une militante pour la réduction de la violence contre les femmes, la guérison a été un «processus qui a duré toute une vie».

Après s’être remise de ses blessures, Mme Provost est retournée à l’École polytechnique cinq ou six semaines plus tard pour poursuivre ses études, obtenant son diplôme de licence l’année suivante.

«Je ne sais pas si vous me croirez, mais dans mon cas... cela a joué un rôle important dans mon processus de guérison», a-t-elle dit. «Je suis retournée là-bas avec mes amis, dans un endroit que j’aimais, où je pouvais trouver du réconfort auprès de tous les autres (survivants), et où les gens me comprenaient. Je n’avais pas besoin d’expliquer ce que je ressentais, nous ressentions tous la même chose.»

Neuf morts lors d'une fusillade dans une école en C.-B.: de nombreuses réactions La police indique qu’une enseignante et cinq élèves adolescents ont été tués mardi lors de la fusillade à Tumbler Ridge, en C.-B.

Au moment du massacre à l’École polytechnique, Mme Provost avait 23 ans. Les cinq élèves tués à l’école secondaire Tumbler Ridge étaient âgés de 12 à 13 ans.

«Le chemin n’est pas le même pour tout le monde et il n’y a pas qu’une seule façon de s’en sortir, mais je pense que nous devons avoir une grande confiance en tous ces jeunes enfants», a-t-elle ajouté. «Ils veulent vivre et nous devons leur donner l’espoir qu’ils pourront trouver un moyen de sortir de ce chagrin et qu’ils seront heureux par la suite.»