Des questions sont soulevées quant à la raison pour laquelle les armes confisquées au domicile du suspect dans la fusillade de masse de mardi à Tumbler Ridge ont été rendues avant l’attaque.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Ces questions sans réponse surviennent alors que les antécédents bien documentés de maladie mentale de Jesse Van Rootselaar deviennent plus évidents, notamment des visites de la police et une détention en vertu de la loi sur la santé mentale.
Elenore Sturko, ancienne agente de la GRC et députée indépendante de Surrey-Cloverdale, a fait remarquer que lorsque les armes à feu d’une personne sont confisquées, celle-ci a «le droit légal de demander la restitution de ces armes».
«Il faut donc répondre à plusieurs questions: pour quelle raison ont-elles été restituées, quels arguments ont été avancés, à qui appartenaient ces armes à feu et s’agissait-il des armes utilisées lors de cette attaque?», a-t-elle demandé.
La police n’a pas révélé si les armes à feu retrouvées sur les lieux sont les mêmes que celles qui ont été saisies par la police puis restituées.
Bien que les armes à feu restituées n’aient pas été directement liées à Jesse Van Rootselaar et aient appartenu à une autre personne du foyer, les défenseurs du contrôle des armes à feu affirment qu’il existe des règles qui permettent aux autorités d’empêcher la présence d’armes à feu dans un foyer dans certaines circonstances, notamment lorsqu’une personne souffre de troubles mentaux.
«Pour moi, tout est une question de leadership, de courage et de préférence pour la sécurité publique», a soutenu Wendy Cukier, présidente de la Coalition for Gun Control. «Les lois existent. Le pouvoir discrétionnaire existe. Les mécanismes existent. Les ressources doivent peut-être être améliorées, mais nous disposons des outils nécessaires. La question est de savoir si nous sommes prêts à les utiliser.»
Les détails des problèmes de cette famille commencent également à émerger.
Une décision de justice de 2015, qui a rejeté la demande de la mère de Van Roostelaar de déménager ses enfants sur la côte Est, stipule : «Ces enfants ont mené une vie presque nomade... avec de multiples déménagements au cours des cinq dernières années entre Terre-Neuve, Grande Cache et Powell River.»
La Coalition canadienne pour les droits des armes à feu s’est également interrogée sur les raisons pour lesquelles des armes à feu ont été rendues à un foyer où vit une personne souffrant de troubles mentaux graves.
«Les armes à feu ont été saisies dans ce foyer pour une bonne raison, si l’on examine la liste des signes avant-coureurs ou des signaux d’alerte au cours des cinq dernières années», a expliqué Rod Giltaca, membre de l’organisation, qui a souligné que la grande majorité des propriétaires d’armes à feu se conforment aux lois canadiennes strictes. «Cette personne, l’auteur des faits, n’aurait pas dû avoir accès à des armes à feu. Aucun adulte responsable, quel que soit son âge, n’aurait permis cela. Ma question à la GRC est donc la suivante: comment ces armes se sont-elles retrouvées à proximité?»
La police indique qu’un fusil et un pistolet modifié ont été trouvés à l’école, mais refuse pour l’instant de confirmer si ces armes provenaient du domicile de la tireuse.

