Société

Francisation: le commissaire Dubreuil suggère une bonification de l'aide financière

Actuellement l’aide financière pour la francisation s’élève à 230 $ par semaine.

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Le commissaire à la langue française du Québec, Benoît Dubreuil, s'exprime lors d'une conférence de presse après avoir dévoilé des études sur l'évolution des langues dans la province, le jeudi 31 octobre 2024 à Québec. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Bo... Le commissaire à la langue française du Québec, Benoît Dubreuil, s'exprime lors d'une conférence de presse après avoir dévoilé des études sur l'évolution des langues dans la province, le jeudi 31 octobre 2024 à Québec. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot (Jacques Boissinot)

QUÉBEC — Le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, croit qu’il faut bonifier l’aide financière avec un système de prêts pour faciliter la francisation des immigrants.

Pour ce faire, il propose «la création d’un programme de prêts pour les participants aux cours de français à temps complet, sur le modèle du programme de l’aide financière aux études».

Actuellement l’aide financière pour la francisation s’élève à 230 $ par semaine pour environ 10 000 $ pour une année complète d’apprentissage (44 semaines), indique le commissaire dans son plus récent rapport déposé mercredi à l’Assemblée nationale.

«Un prêt d’une valeur annuelle de 15 000 $, ajouté à l’aide financière actuelle, d’une valeur de 10 000 $, permettrait aux participants de dégager un revenu annuel de 25 000 $. Cette somme serait proche du seuil de faible revenu et similaire au revenu obtenu en travaillant pendant 44 semaines au salaire minimum», peut-on y lire.

Cette aide financière bonifiée «permettrait à plus de participants de se retirer temporairement du marché du travail en vue d’un apprentissage intensif du français».

Elle serait réservée aux élèves à temps complet, mais le commissaire croit qu’il faudrait évaluer la possibilité de l’offrir à ceux inscrits à «un apprentissage à temps partiel “intensif”».

Le rapport du commissaire note des lacunes dans le système de francisation actuel.

«Nos résultats indiquent que les participants sont peu nombreux à atteindre les niveaux intermédiaires associés à l’autonomie langagière (niveaux 7 et 8). C’est particulièrement le cas des participants à temps partiel qui débutent leur parcours sans connaissance préalable du français. Ce constat est préoccupant, car ce profil correspond à celui de la majorité des personnes inscrites en francisation», écrit-on.

«Si on veut que l'argent qu'on investit en francisation ait de l'efficacité, donc que ce ne soit pas de l'argent qu'on gaspille, il faut s'assurer que les gens qui apprennent le français atteignent des niveaux qui leur permettent de faire des choses avec, et que les gens sont effectivement dans des contextes où ils peuvent l'utiliser», a ajouté le commissaire en point de presse à l’Assemblée nationale.

Il propose également d'élargir l’accès à l’aide financière «à l’ensemble des participants à la francisation à temps complet, c’est-à-dire d’y rendre admissibles les personnes nées au Canada».

«Force est de constater qu’un segment non négligeable des non-francophones, même parmi les non-immigrants, peine aujourd’hui à dégager le temps nécessaire à l’apprentissage du français», écrit le commissaire.

Benoît Dubreuil a indiqué que l’endettement des élèves inscrits en francisation «n'est pas un risque qu'on peut écarter».

«Donc l'enjeu, il existe, mais je pense que c'est un compromis qui peut être acceptable», a-t-il ajouté.

Rappelons que la première ministre Christine Fréchette compte élargir la loi 101 à la formation professionnelle et à l’éducation aux adultes.

Questionné sur le sujet, le commissaire Dubreuil a affirmé: «On a analysé les endroits où le français reculait de la façon la plus importante depuis 20-25 ans. Et le recul, il est surtout chez les diplômés universitaires. Donc, chez les gens de métier, le français se porte beaucoup mieux. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas une logique à intervenir.»

Le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, a déjà affirmé que cette mesure ferait passer 27 000 étudiants du réseau anglophone au réseau francophone. Le commissaire n’a pas voulu s’avancer sur un chiffre.

Thomas Laberge, La Presse Canadienne

Thomas Laberge

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Journaliste