L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) supprimera 348 postes relevant du siège social national à Ottawa ou situés dans celui-ci, dans le cadre du plan du gouvernement fédéral visant à supprimer 28 000 postes d’ici 2029.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
L’ASFC a rapporté à CTV News que 708 employés recevront des avis de réaménagement des effectifs dans le cadre de la mise en œuvre d’une réduction budgétaire de 2%.
«Cette réduction ne peut se faire sans conséquences», a-t-on fait savoir dans un communiqué jeudi soir. «Nous allons réduire nos effectifs de 348 employés, tant cadres que non-cadres. Pour atteindre ces réductions, les coupes toucheront 708 employés. Ces réductions concernent exclusivement les postes relevant de la direction générale ou situés dans une direction générale de l’administration centrale.»
«Personne n’est à l’abri»
L’Agence de la fonction publique du Canada (AFPC) a affirmé que plus de 400 de ses membres à l’ASFC ont reçu la semaine dernière un avis leur indiquant qu’ils pourraient perdre leur emploi.
Le syndicat fédéral affirme que les suppressions d’emplois à l’ASFC et la réduction du personnel au Bureau des défenseurs des droits des pensionnés montrent que «personne n’est à l’abri» des «coupes sombres dans la fonction publique» opérées par le gouvernement fédéral.
«Le premier ministre (Mark) Carney utilise le même vieux scénario que (Jean) Chrétien et (Stephen) Harper, et nous allons obtenir les mêmes mauvais résultats», a expliqué Sharon DeSousa, présidente nationale de l’AFPC.
«Ce gouvernement doit cesser de recycler des mesures d’austérité qui ont échoué et commencer à investir dans les services publics dont les Canadiens dépendent chaque jour.»
— Sharon DeSousa, présidente nationale de l’AFPC
Le syndicat a ajouté que les avis de réaménagement des effectifs sont distribués à un «moment où la pression sur les opérations frontalières s’intensifie».
«La réduction des capacités et de l’expertise de première ligne affaiblira la capacité du Canada à répondre aux risques émergents et à assurer la circulation fluide des personnes et des marchandises», a indiqué le syndicat.
Le budget fédéral, publié en novembre, demandait à l’ASFC de réduire son budget de 52 millions de dollars par an pendant quatre ans. Le budget indiquait que l’ASFC réaliserait ces économies en réduisant le coût d’utilisation et d’entretien de ses équipements et de ses actifs informatiques, en retardant le remplacement des véhicules et en revoyant «la structure de son siège national afin de normaliser les structures organisationnelles».
Selon l’agence fédérale, le budget 2025 et le plan frontalier de 1,3 milliard de dollars annoncé en décembre 2024 fournissent des fonds pour soutenir l’embauche de 1000 nouveaux agents de l’ASFC afin de «répondre à la croissance de nos besoins opérationnels».
«Qu’il s’agisse de lutter contre les nouvelles méthodes utilisées par les groupes criminels organisés pour faire entrer et sortir des marchandises de contrebande du pays, ou de soutenir l’économie canadienne par le biais de mesures de perception des recettes et de commerce, nous allons renforcer bon nombre de nos équipes de première ligne et opérationnelles», a indiqué l’ASFC dans un communiqué.
«Dans le même temps, nous reconnaissons la nécessité d’améliorer l’efficacité de nos politiques, de nos programmes et de nos services internes.»
Selon le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, l’ASFC comptait 17 234 employés au 31 mars 2025, contre 14 113 en mars 2015.
Suppressions d’emplois à la GRC
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a précisé de son côté jeudi qu’un total de 285 employés de son siège national à Ottawa ont reçu des lettres les informant que «leur domaine de travail était touché». La GRC n’a pas précisé combien de postes seraient supprimés.
«Il ne s’agit pas du nombre d’employés qui seront déclarés excédentaires», a-t-on fait savoir. «Le nombre définitif dépendra des résultats des processus de transition de carrière et de réaménagement des effectifs, des départs volontaires, des départs naturels et des départs à la retraite anticipée.»
Le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada indique que plus de 24 000 employés et cadres ont reçu des lettres de réaménagement des effectifs depuis le début du mois de décembre. Le gouvernement prévoit de supprimer plus de 9000 postes dans les services de l’administration publique centrale, qui comprennent la GRC et l’Agence des services frontaliers du Canada.

