Des parents d’élèves de l’école Saint-Fidèle, située dans le quartier Limoilou à Québec, sont plongés dans l’incertitude. À quelques jours de la rentrée, ils ont appris que les 345 élèves et les 45 membres du personnel seront relocalisés pour la prochaine année scolaire après que des fissures touchant des poutres et des colonnes du bâtiment aient été découvertes dans le cadre de travaux.
«C’est surtout pour les enfants. Ils vont devoir se réhabituer à des locaux. Mais on n’imaginait pas une relocalisation totale. Et surtout dans les locaux qui ne sont pas spécialement faits pour», déplore la maman d’une élève de l’école.
Elle rappelle d’ailleurs que plusieurs parents ont dénoncé l’état de dégradation du bâtiment à plusieurs reprises, sans succès.
«On est pas mal de citoyens à avoir dénoncé la situation, on a essayé d’alerter les autorités. On a vraiment essayé de faire bouger les choses. C’est ça qui est décevant», dit-elle.
L’une de ses filles, qui est maintenant au secondaire, soutient d’ailleurs que son passage à l’école Saint-Fidèle a été brimé par les conditions du bâtiment.
«Le professeur de gym nous avait fait faire du volleyball et rendus au tournoi, nous ne savions pas faire des services correctement parce que notre gymnase était trop bas. Donc ça nous a beaucoup impacté», raconte-t-elle.
«On voyait effectivement certaines fissures, la peinture craquelée, pas mal. On avait parfois des problèmes de tuyauteries, d’eau potable, c’était compliqué», souligne sa mère.
Pour le maire de Québec et le député de la circonscription, la fermeture de l’école Saint-Fidèle est la preuve que le Québec néglige les infrastructures publiques et qu’il faut davantage d’investissements.
«C’est inquiétant. On sait que dans la Capitale-Nationale il manque une vingtaine d’écoles pour combler les besoins. Alors, évidemment, tout ça, c’est des sous investissements des gouvernements précédents, des graves sous-investissements qui mènent aussi à des remises à plus tard de rénovations d’écoles existantes», déplore Sol Zanetti, député de Jean-Lesage et co-porte-parole de Québec solidaire.
Pour Bruno Marchard, la situation n’est «pas normale».
«On a bâti des choses avec une espèce de pensée magique qui était que c’était bien et qu’on verra dans le temps. Ça ne peut plus être ça», dit-il.
Cette relocalisation, qui aura évidemment un impact sur les 45 membres du personnel, sera également suivie de près par le Syndicat de l’enseignement de la région de Québec.
Voyez le reportage de Laurence Royer dans la vidéo.

