Plus de 70 ans après la mort de Maxime Ottawa, sa famille a enfin des réponses. Une exhumation réalisée en octobre 2025 a permis de confirmer que la dépouille du bébé atikamekw se trouvait bien dans un lot commun.
La famille de Maxime Ottawa et l’association des familles autochtones Awacak – Petits êtres de lumière avaient convoqué les médias à une conférence de presse, jeudi après-midi.
«Les membres de la famille pourront désormais lui rendre les honneurs dont il a été privé pendant plus de 70 ans et organiser une cérémonie conforme à leurs volontés, à leurs traditions et au respect dû à sa mémoire», peut-on lire dans un communiqué partagé à cette occasion.
Un processus laborieux
L’identification de Maxime Ottawa a été difficile, puisque plusieurs corps avaient été enterrés à ses côtés. La dépouille de l’enfant autochtone a été authentifiée par le Laboratoire judiciaire de de médecine légale du Québec.
La dépouille de Maxime sera ramenée à ses proches à Manawan le 26 octobre prochain. «Je suis profondément émue de pouvoir annoncer officiellement la date de son retour à la maison», a confié avec émotion sa nièce, Manon Ottawa.
«C’est le retour d’un enfant. C’est le retour d’un membre de notre famille. C’est une histoire qui retrouve enfin une partie de la vérité.»
— Manon Ottawa, nièce de Maxime Ottawa
Deux jours plus tard, le 28 octobre, Maxime Ottawa sera à nouveau enterré, pour qu’il repose auprès des siens.
Disparu depuis plus de 70 ans
C’est le tribunal qui avait autorisé l’exhumation de Maxime Ottawa. Celle-ci a eu lieu en octobre 2025. Il s’agissait alors de la quatrième autorisation du tribunal depuis l’adoption de la loi 79 en 2021. La Loi 79 est une loi autorisant la communication de renseignements personnels aux familles d’enfants autochtones disparus ou décédés à la suite d’une admission en établissement. Elle est en vigueur depuis septembre 2021.
Quelques mois après sa naissance, Maxime avait consulté le dispensaire de Manawan pour des irritations cutanées et ce dernier a décidé d’évacuer l’enfant vers l’hôpital de La Tuque, avec l’accord des parents.
Maxime a finalement été transféré dans un hôpital de Québec. Cette décision a été prise sans consulter les parents du bambin.
Notons qu’à l’époque les parents autochtones n’avaient pas le droit d’accompagner les enfants, une directive du ministère de la Santé et du Bien-être social.
Les parents de Maxime n’ont eu aucune nouvelle de leur enfant depuis son départ de Manawan.
Pendant des années lorsque Julie Newashish, maman de Maxime, accourait vers les avions qui amerrissaient à Manawan, pensant qu’on lui rapportait son fils.
Ce serait un prêtre de Manawan qui aurait informé la famille, deux ans plus tard, que leur fils était décédé. La famille n’a toutefois reçu aucune information concernant l’emplacement où Maxime est mort ni où il a été enterré.
Le frère de Maxime, Henri Ottawa, a toujours été préoccupé par la disparition du bambin. Sur son lit de mort, il a demandé à sa fille, Manon, de poursuivre les recherches pour retrouver Maxime.
Manon a donc pris en charge les recherches depuis le départ de Maxime en 1954. Elle a parlé publiquement du drame en 2017 et en 2021, notamment grâce à la loi 79, mais aussi grâce à l’aide reçue par l’association Awacak, elle a réussi à découvrir le lieu d’inhumation de Maxime: le cimetière Saint-Charles à Québec.
Avec de l’information de Laurie Gervais pour Noovo Info

