Un propriétaire d’un immeuble à logement de Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie, devra dédommager ses locataires, dont un récemment décédé d’un cancer, pour négligence.
Noovo Info a appris qu’en plus de négliger l’entretien, Denis Bourbonnais aurait caché la mauvaise qualité de l’air de son immeuble.
Le conjoint d’une locataire septuagénaire rencontrée par Noovo Info avait un avis médical lui indiquant de quitter des lieux potentiellement dangereux puisqu’il était immunosupprimé en raison des traitements pour son cancer.

Pendant plusieurs mois, les locataires disent avoir tenté d’obtenir un test de qualité de l’air, mais n’ont obtenu les résultats qu’en novembre dernier lors des représentations devant le Tribunal administratif du logement (TAL).
Dans le rapport, il est écrit noir sur blanc que les personnes malades ne doivent pas être exposées à la moisissure. Le propriétaire avait pourtant ce rapport en main depuis trois ans.
Il a toutefois nié les faits à la caméra.
«C’est de la bullshit», a-t-il lancé.
M. Bourbonnais a été condamné par le TAL à diminuer le loyer de ses locataires de 200 $ par mois et à leur verser 8000 $ en dommages moraux.
Il devra aussi remplacer les fenêtres, réparer les fissures, se débarrasser de la moisissure et des rats qui ont infesté l’immeuble.

«Ils (les rats) passent dans le plafond, puis ils descendent dans les murs. On les entend courir», raconte une des locataires de l’immeuble.
Une isolation déplorable
M. Bourbonnais a aussi omis de chauffer à l’huile pendant deux ans et l’eau s’infiltre par les fenêtres.
«L’isolation c’est de la laine pour mettre en dessous des sapins de Noël, puis des taies d’oreiller», dit la locataire rencontrée par Noovo Info, montrant du doigt le travail du propriétaire pour isoler son logement.

La brique du logement est sur le point de s’affaisser.
«La brique gondole, ça fait une balloune», dit la locataire.
«Il passe son temps à nous dire qu’on cherche des bébittes. À l’âge où je suis rendue, je veux juste avoir de la tranquillité», ajoute-t-elle.
Malgré leur victoire, les locataires ne sont pas pour autant rassurées parce que le jugement ne prévoit aucune compensation le temps d’une relocalisation, ni d’échéancier pour effectuer les travaux.
Voyez le reportage de Véronique Dubé dans la vidéo.

