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EXCLUSIF | «Pratiques inquiétantes»: une vingtaine de locataires de Montréal menacés de rénovictions

Leur propriétaire essaie de les pousser vers la porte depuis des mois.

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EXCLUSIF | Une vingtaine de locataires de Montréal menacés de rénovictions Par Véronique Dubé | Une vingtaine de locataires d’un immeuble de 76 logements de l'arrondissement Saint-Laurent, à Montréal, sont victimes de tentative de rénovictions.

Une vingtaine de locataires d’un immeuble de 76 logements de l’arrondissement Saint-Laurent, à Montréal, sont victimes de tentatives de rénovictions.

Leur propriétaire essaie de les pousser vers la porte depuis des mois.

«Ça a commencé avec des coupures de chauffage chaque vendredi. Et là, quand il a commencé ses travaux, c’est des coupures d’eau chaque jour», raconte Marouane Chérif, locataire du 1270 rue Quenneville.

D’autres locataires soutiennent que le propriétaire et son équipe leur ont rendu visite à plusieurs reprises, les menaçant de résilier leur bail.

«Quelques fois il frappe la porte avec une méthode sauvage», mentionne Mohammed Aïssa, locataire.

Notons que le permis de rénovation du propriétaire lui permet d’effectuer seulement certains travaux, dont la réparation des planchers.

Mais certains locataires rencontrés par Noovo Info disent qu’ils n’ont pas reçu d’avis écrits de la part du propriétaire.

«Ils n’ont pas déposé un avis chez moi pour dire qu’ils vont faire des rénovations dans les appartements. Il dit: “On vous propose de vous relocaliser trois mois et après les travaux, vous revenez chez vous”. Mais qu’est-ce qui me dit que je vais revenir chez moi? Il n’est même pas capable de me répondre», déplore Mbatat Sandjo Ornella, locataire de l’immeuble.

Mais d’autres locataires ont reçu des avis papier pour mettre fin à leur bail en raison des travaux. Des documents qui seraient illégaux, selon Me Sarah Debbih, une avocate spécialisée en droit du logement.

«À première vue, ce type d’avis n’est pas conforme. Un propriétaire ne peut pas mettre fin unilatéralement à un bail en cours sous prétexte de travaux», dit-elle.

Elle conseille notamment aux locataires de ne rien signer.

Mais pour certains d’entre eux, il est déjà trop tard.

«Ma voisine est venue chez moi en pleurant parce qu’elle a signé. Malheureusement, elle ne sait pas très bien lire. Ils sont venus, ont parlé, donné des papiers et elle a signé sans se rendre compte», raconte Mme Ornella.

Pour Maria Vasquez, directrice générale du Comité de logement Saint-Laurent, il s’agit ici de pratiques de rénovictions inquiétantes.

«C’est fait sous la table, on vient cogner aux portes. C’est du harcèlement psychologique. La personne va écouter ça et va être inquiète. Il y en a qui signent parce qu’on leur offre l’argent», dit-elle.

Les locataires ont tous l’intention de se rendre devant le Tribunal administratif du logement pour déposer une plainte.

Noovo Info a tenté d’obtenir une entrevue avec la propriétaire, en vain.

Voyez le reportage de Véronique Dubé dans la vidéo.