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EXCLUSIF | Loyer controversé: 600$ de plus par mois pour une aînée de 89 ans

«Est-ce que nos personnes âgées vont être les futurs itinérants dehors?»

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EXCLUSIF | Une hausse de loyer faramineuse dans une RPA fait réagir Par Véronique Dubé | La Résidence Marie Clothilde, située à Joliette, a récemment augmenter la facture mensuelle de ses locataires de 600 $.

Des propriétaires n’hésitent pas à faire gonfler le prix du loyer de leurs locataires. Et les résidences pour aînés (RPA) n’y font pas exception, alors les gouvernements tentent de trouver des solutions à la crise du logement.

C’est le cas de la Résidence Marie-Clothilde, située à Joliette, qui a récemment augmenté la facture mensuelle de ses locataires de 600 $.

Nicole Richard, âgée de 89 ans, souffre de pertes cognitives. C’est donc son neveu Stéphane Richard qui s’occupe d’elle. Ce dernier a réalisé dernièrement que le compte bancaire de sa tante était en souffrance en raison du nouveau prix du loyer. Il n’avait pas remarqué lors que l’avis de renouvellement, en septembre dernier, que la RPA augmenterait les frais mensuels de 600 $.

La facture de Mme Richard, qui s’élevait l’an dernier à 2740 $ incluant tous les frais, a été augmentée à 3340 $, notamment en raison de l’augmentation de 5,9 % du loyer.

Mais il y a autre chose qui cloche: la dépense de nourriture. L’an dernier, on lui chargeait 850 $ par mois, mais cette année le montant s’élève à 1400 $ par mois.

Facture Résidence Marie Clothilde

«Trois repas par jour, deux collations… il n’y a rien qui a changé. Ça ne me coûte même pas ça pour moi et ma tante mange comme un oiseau», dénonce M. Richard.

La directrice générale de l’établissement, qui avait d’abord accepté de donner une entrevue à Noovo Info, a finalement refusé de nous parler.

Accompagnée par la responsable de la location, elle a indiqué par téléphone que la résidence respectait la loi. Questionnées sur l’augmentation de la nourriture, les deux femmes ont refusé de commenter et ont coupé la ligne.

De plus en plus d’aînés à la rue?

La situation inquiète grandement le neveu de Mme Richard, qui craint que de telles augmentations mettront plusieurs aînés à la rue.

«Est-ce que nos personnes âgées vont être les futurs itinérants dehors?» se demande-t-il.

«Je ne peux pas choisir pour dire qu’on va enlever le déjeuner de ma tante ou le dîner. Mais est-ce que c’est là qu’on est rendu?»

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) dénonce également la situation et soutient que ce n’est pas rare que des aînés se fassent piéger.

«Les avis d’augmentations ne sont souvent pas conformes. C’est un milieu qui est assez opaque, assez fermé. […] Les recours pour les aînés sont quasi inexistants. Ça les rend excessivement vulnérables à une éviction, une augmentation de loyer», mentionne Émile Boucher, porte-parole du RCLALQ.

Noovo Info a tenté d’obtenir des réponses de la ministre responsable des Aînés, Sonia Bélanger, qui n’avait pas répondu à nos demandes au moment d’écrire ces lignes.

Voyez le reportage de Véronique Dubé dans la vidéo.