Plus d’une centaine d’aînés habitant une coopérative de Montréal sont inquiets de se retrouver à la rue à force de recevoir d’importantes hausses de loyer.
Ils disent avoir reçu un avis d’augmentation de leur loyer de 66 $ et il s’agit de la troisième année consécutive où ils subissent une augmentation, totalisant une hausse de 33%.
«Vous allez peut-être dire ce n’est pas beaucoup 66 $, mais on était à 515 $ par mois en 2024 et ça va passer à 685 $ par mois en 2026», explique Line Beaumier, résidente de la coopérative.
Depuis 2024, leur loyer a donc augmenté de 170$, mais leurs pensions de vieillesse, elles, n’augmentent que de 2 à 3 % par année.
«On ne suit pas», ajoute Mme Beaumier.
Les 142 personnes qui demeurent dans la coopérative Émile-Nelligan, dont la majorité sont des femmes, ont un revenu moyen de 25 000 $.
«On est obligé de couper sur l’épicerie», raconte une résidente au micro de Noovo Info.
Une autre locataire soutient que plusieurs de ses voisines mangent très peu.
«Moi ça, ça me fait de la peine», dit-elle, soulignant que l’écart de richesse se creuse entre les habitants de la coop.
Les résidents se font dire que leur loyer doit être au moins 75% du loyer médian de Montréal, qui est de 1095$ par mois pour un logement d’une chambre. Ils devront donc éventuellement payer 821 $ par mois.
Me Sarah Debbih, experte en droit immobilier, soutient toutefois que les obligations des coopératives ne sont pas régies par le Tribunal administratif du logement (TAL) et que ces augmentations sont conformes à la Société d’habitation du Québec (SHQ).
«C’est clair que ça a un gros impact et les recours vont être quand même difficilement justifiables. Malheureusement, le locataire qui ne souhaite pas cette augmentation, il a un seul choix: quitter», explique-t-elle.
Cette option n’est toutefois pas envisageable pour la plupart des résidents de la coopérative d’habitation.
«De déménager… c’est ridicule de nous dire ça parce que déménager, ça coûte cher, puis, est ce qu’on va en trouver un logement?», déplore une résidente.
De son côté, la SHQ a confirmé à Noovo Info que la coopérative respectait la loi.
«Les coopératives d’habitation qui reçoivent un soutien gouvernemental doivent respecter les règles prévues à leur convention d’exploitation. Celle‑ci stipule notamment que le loyer économique doit se situer entre 70 % et 95 % du loyer médian du marché», indique-t-on.
Selon Me Debbih, le seul changement qui pourrait améliorer les résidentes de la coopérative Émile-Nelligan, ce serait au niveau politique.
Une assemblée générale extraordinaire se tiendra jeudi et les membres de la coopérative ont bien l’intention de s’y présenter en grand nombre.
Voyez le reportage de Véronique Dubé dans la vidéo.

