Société

Épiceries: les vols atteignent 10G$ alors que le crime organisé s’en mêle

Selon plusieurs sources qui se sont confiées à CTV National News, le crime organisé serait désormais impliqué.

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Produce is seen at a grocery store in Halifax. (CTV/Jonathan MacInnis)
Produce Des fruits et légumes sont exposés dans une épicerie d'Halifax. (CTV/Jonathan MacInnis)

Le Conseil canadien du commerce de détail qualifie le vol dans les épiceries de crise nationale, les pertes s’élevant désormais à près de 10 milliards de dollars par année dans l’ensemble du secteur de l’alimentation, et ce phénomène ne fait que s’amplifier.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Cette hausse ne s’explique pas seulement par le fait que les gens volent une pomme. Selon plusieurs sources qui se sont confiées à CTV National News, le crime organisé serait désormais impliqué.

Dans un courriel adressé à CTV News, le Conseil canadien du commerce de détail indique que «le vol dans les épiceries est en hausse au Canada, sous l’effet d’une combinaison de pressions économiques et d’une criminalité de détail de plus en plus organisée. Bien que les difficultés financières soient bien réelles pour de nombreux Canadiens, ce que les détaillants constatent de plus en plus, ce sont des vols coordonnés et répétés liés à des réseaux organisés», peut-on lire dans le communiqué.

Un voleur commente la vidéo de son propre crime et se livre à la police Un homme de 49 ans de Shawinigan devra répondre de ses actes devant la justice après être entré au Saint-Mo Bistro Gourmand à Shawinigan dans le but d’y commettre un vol et pour avoir par la suite menacé le co-propriétaire de l’endroit qui l’avait retracé.

«Le crime organisé d’Europe de l’Est est certainement impliqué, et ce n’est pas seulement un problème des grandes villes, cela se produit partout au pays», explique Mark Mendelson, spécialiste de la criminalité à CTV News.

La GRC de Richmond, en Colombie-Britannique, indique que les vols dans les supermarchés ont doublé dans la ville depuis le début de l’année 2026 par rapport à la même période l’année dernière.

«Nous avons des analystes et lorsqu’ils constatent une telle hausse, nous tenons des réunions chaque semaine ; c’est donc un sujet que nous surveillons de près et qui est clairement dans notre ligne de mire», explique le caporal Frank Bryson de la GRC.

En janvier, la police d’Ottawa a mené l’opération «Project Pantry» dans une épicerie indépendante du centre-ville ; des agents en uniforme et des enquêteurs en civil ont fini par arrêter une douzaine de personnes et porter 78 accusations. La police de la capitale nationale estime que certains vols semblent être coordonnés.

«Les gens s’enfuient, se dirigent immédiatement vers une voiture et remettent ce produit à la personne qui s’y trouve, en échange de quelque chose. Il s’agit soit de drogue, soit d’argent», selon le chef de la police d’Ottawa, Eric Stubbs, qui s’est entretenu avec CTV News au sujet de l’opération «Project Pantry» en janvier.

Vols aux caisses libre-service

Les autorités ont également signalé certaines caisses libre-service, à l’intérieur des épiceries, comme des zones où les criminels profitent de failles de sécurité.

Ce mois-ci, la police de Guelph a arrêté un homme qui, selon elle, échangeait des produits coûteux contre des produits moins chers aux caisses libre-service. La police affirme que l’individu en question scannait des articles coûtant moins d’un dollar, en échange de lait maternisé vendu 97 dollars l’unité.

«J’ai vu des vols aux caisses en libre-service se produire juste devant moi. On est habitué à entendre un bip, puis tout à coup, le bip s’arrête mais les articles continuent d’aller dans le sac. Aux États-Unis, Walmart est en train de retirer les caisses en libre-service de ses magasins. Les pertes deviennent trop importantes à gérer», explique M. Mendelson.

En août dernier, à Windsor, en Ontario, plus de 220 000 $ de bœuf ont été volés dans un camion remorque stationné. Ce vol à grande échelle est un autre exemple de la recrudescence des crimes alimentaires lucratifs.

Les opinions divergent quant à la destination finale de produits comme la bière vendue au marché noir. M. Mendelson et d’autres personnes interrogées par CTV News estiment que certains restaurants qui peinent à dégager des bénéfices achètent probablement des marchandises volées. Dans certains cas, les petites épiceries et les restaurants ne se rendent peut-être même pas compte qu’ils achètent de la nourriture volée pour leurs établissements.