Société

Enfants à besoins particuliers: appels à revoir les allocations aux garderies

«Ce qu’on voit avec l’analyse, c’est qu’il va y avoir une diminution du financement au cours des prochaines années...»

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Des enfants jouent à la garderie «Blessed Chiara Badano» à Stouffville, en Ontario, le vendredi 2 mai 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette Des enfants jouent à la garderie «Blessed Chiara Badano» à Stouffville, en Ontario, le vendredi 2 mai 2025. LA PRESSE CANADIENNE (Nathan Denette)

Des organisations représentant les intérêts des centres de la petite enfance (CPE) et des garderies demandent au nouveau gouvernement du Parti québécois de revoir la réforme concernant la façon d’octroyer les allocations pour accueillir les enfants ayant des besoins particuliers.

Anne-Marie Bellerose, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ), affiliée à la CSQ, a expliqué que le ministère de la Famille a présenté ses règles budgétaires cet été. C’est lors de l’analyse de ces règles que les organisations ont constaté que le gouvernement avait modifié la façon de donner les allocations pour accueillir les enfants à besoins particuliers.

Elles estiment que la refonte de l’allocation pour l’intégration des enfants ayant des besoins de soutien particulier (AIEBP) pourrait affecter la capacité d’accueil de ces enfants dans les CPE. Les organisations craignent aussi que les critères d’admissibilité pour obtenir des heures d’accompagnement en vertu de l’allocation exceptionnelle pour l’intégration (AEI) puissent rendre l’accès à ce soutien plus difficile pour certains enfants.

«Ce qu’on voit avec l’analyse, c’est qu’il va y avoir une diminution du financement au cours des prochaines années, parce que les allocations vont être attribuées de façon différente. Donc, des CPE qui actuellement accueillaient, par exemple, plus de 10 ou 15 enfants ayant des besoins particuliers, vont recevoir moins de financement au bout des quatre ans (du mandat du gouvernement) qu’ils en ont maintenant», a soutenu Mme Bellerose, en entrevue.

La FIPEQ-CSQ, le Regroupement pour la Trisomie 21 et la Table de concertation pour l’inclusion en services de garde des enfants ayant besoin de soutien particulier - région de Montréal, ont ainsi lancé samedi un appel au gouvernement afin qu’il revoie ce financement, «pour répondre adéquatement à la diversité des besoins et assurer l’égalité des chances à tous les enfants du Québec», peut-on lire dans un communiqué.

Mme Bellerose a indiqué que cette réforme concerne autant les CPE que les milieux de garde familiaux régis subventionnés. Elle ne rejette toutefois pas l’ensemble des nouvelles règles, soulignant «qu’il y a des éléments qui sont quand même intéressants».

«Le financement est directement dans les milieux au lieu de devoir passer par les parents qui, avant, devaient avoir un rapport d’un médecin, par exemple, pour avoir accès à l’allocation», a expliqué Mme Bellerose, qualifiant cet aspect «d’avancée intéressante».

La présidente de la FIPEQ-CSQ estime toutefois qu’«il n’est pas trop tard pour le gouvernement de corriger le tir et de revoir le financement».

«Pour ça, on souhaite échanger avec eux, leur amener nos solutions, nos enjeux, nos préoccupations sur des familles aussi qui sont affectées par ces changements-là», a-t-elle fait valoir.

Le Parti québécois n’avait pas donné suite à une demande de commentaires de La Presse Canadienne au moment d’écrire ces lignes.

Coralie Laplante

Coralie Laplante

Journaliste