L’immigration est au cœur de l’actualité des derniers mois, particulièrement avec l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), laissant plusieurs travailleurs temporaires coincés dans la bureaucratie.
C’est le cas de Nicola Hill, mère de famille qui attend depuis 14 ans sa citoyenneté canadienne.
Elle a quitté l’Angleterre pour venir s’installer au Québec en 2012 et depuis, elle travaille à temps plein et paie ses impôts au Canada. Mais elle n’a toujours pas réussi à obtenir sa résidence permanente au pays alors qu’elle en est à sa troisième demande.
«Tu remplis tous les critères, mais le système, selon moi, il est vraiment cassé. C’est vraiment difficile à naviguer», dit-elle en entrevue avec Noovo Info.
Elle assure qu’elle avait pratiquement franchi toutes les étapes pour obtenir sa citoyenneté, mais que son dossier a traîné notamment en raison de la Covid et de l’arrivée des réfugiés d’Europe.
En quatorze ans, avec tous les papiers qu’elle a dû remplir et les frais qu’elle a dû payer, elle en est à 50 000 $.
«On nous traite comme un numéro, tu fais trois demandes, tu dois payer trois fois. Et c’est vraiment assez cher pour faire des demandes d’immigration», déplore la mère de famille.
Mais voilà qu’un petit bébé est en route et puisque son permis de travail temporaire n’a pas été renouvelé, elle n’a pas le droit à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Elle devra donc payer pour sa césarienne.
«Après la césarienne, c’est plus cher parce qu’il y a des frais supplémentaires et tu es là plusieurs jours aussi», explique-t-elle.
Elle prévoit devoir payer entre 20 000 $ et 30 000 $ pour accoucher au Québec.
Mme Hill dit qu’elle a cogné à toutes les portes, mais que personne n’a pu l’aider.
Noovo Info a contacté Immigration Canada qui explique que la dernière demande de Nicola Hill respecte les délais. Il faut prévoir 31 mois et pour le renouvellement des permis de travail, les délais s’étirent jusqu’à sept mois.
«J’ai pensé que ça allait tout tomber en place. Mais les délais commencent à devenir de plus en plus longs, de plus en plus compliqués. Et là, aujourd’hui, j’ai un enfant qui arrive en mars et peut-être que je n’aurais pas droit à la RAMQ», déplore la mère de famille.
Quant à la Régie de l’assurance maladie du Québec, elle a refusé de commenter ce dossier qu’elle considère comme confidentiel.
Voyez le reportage de Véronique Dubé dans la vidéo.

