«(Les employeurs) nous font sentir comme s’ils pouvaient juste trouver d’autres filles.» Adore Goldman est danseuse à Montréal. Lors du week-end du Grand Prix, elle sera parmi les danseuses, masseuses et escortes à faire la grève pendant l’événement.
Dans les prochains jours, des travailleuses du sexe se battront pour obtenir un statut de salariées et les protections qui en découlent. Il est temps de mettre fin à l’exploitation financière qu’elles subissent.
Se confiant à Noovo Info, Adore Goldman tient à démystifier le fait qu’elle et ses collègues se remplissent les poches lors du passage de la Formule 1 dans la métropole. Elle explique qu’elle doit tout d’abord payer pour travailler dans les différents établissements.
En effet, pour pouvoir se livrer en spectacle chaque soir, les stripteaseuses doivent débourser une redevance au club: le «service bar».
«On doit débourser un montant forfaitaire qui peut varier entre 15$ et 100$ dépendant des bars. On a l’obligation de tipper le DJ, le manager et le bouncer des fois», a laissé tomber Adore Goldman.

Il s’agit de l’une des mesures que le Comité autonome du travail du sexe (CATS) dénonce. L’organisation qui se porte à la défense des travailleuses du sexe réclame son abolition ainsi que de meilleures conditions de travail.
Mme Goldman raconte qu’un bar montréalais a d’ailleurs chargé 110$ de «service bar» par danseuse et faisait entrer 60 filles par soirée.
«Seulement avec cet argent là, pendant la fin de semaine du Grand Prix, on a calculé qu’il a fait 33 000$», a-t-elle souligné.
Pour contrer les actes de violence
Adore Goldman est présentement travailleuse autonome. Elle soutient que si les travailleuses du sexe étaient salariées, elles seraient davantage protégées.
«Des agressions au travail peuvent arriver. Si on était reconnues comme des employées, ça pourrait être reconnu comme un accident de travail, la travailleuse pourrait être indemnisée et l’employeur serait tenu d’assurer des conditions de travail sécuritaires», a-t-elle expliqué. «C’est vraiment par le droit du travail qu’on peut assurer notre sécurité.»
L’organisatrice communautaire et coordonnatrice au sein de Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle, Jennie-Laure Sully, rappelle qu’il y a bel et bien une hausse des cas de violence à caractère sexuel pendant le week-end du Grand Prix.
«On parle de l’industrie la plus violente envers les femmes. Il y a des études qui démontrent que c’est l’industrie où les femmes sont à risque de coups, blessures et de mort. Il y a aucune comparaison avec d’autres industries», a-t-elle avancé.
Mme Sully dit comprendre les femmes qui feront la grève pendant les prochains jour. Or, à ses yeux, le problème provient des propriétaires de bars.
Pendant ce temps, les travailleuses du sexe sont invitées à débrayer dans l’ancien quartier Red Light le 23 mai prochain, à l’aube de la course du Grand Prix.
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