Une femme de Saskatoon qui a besoin d’une greffe de rein a transformé son véhicule en panneau publicitaire roulant, dans l’espoir que quelqu’un sur la route puisse lui faire don d’un organe.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Peggy Macala, âgée de 64 ans, explique qu’elle est inscrite sur la liste d’attente pour une greffe de rein en Saskatchewan depuis plus de trois ans.
L’année dernière, elle a indiqué avoir atteint un point où elle se sentait perdue et voulait faire quelque chose pour s’aider elle-même. C’est alors qu’elle a décidé d’apposer son appel à l’aide sur la lunette arrière de son VUS.
Les lettres autocollantes indiquaient simplement: «Besoin d’un rein, groupe O», accompagnées de son numéro de téléphone et de la demande «Partagez votre rein de rechange».
«On s’est simplement dit qu’on allait tenter le coup», a expliqué Mme Macala à CTV News.
«Si ça ne donne rien, tant pis. Si ça donne quelque chose, tant mieux.»
— Peggy Macala
Elle raconte avoir repris l’idée d’une autre femme de la Saskatchewan qui avait fait la même chose sur son véhicule il y a quelques années. Cette femme avait ainsi trouvé un donneur de rein compatible.
Mme Macala précise qu’aucun membre de sa famille ni aucun de ses amis n’est compatible pour un don, c’est pourquoi elle élargit sa recherche.
«Qu’est-ce que ça peut faire de mal?», a-t-elle dit. «Même si une seule personne dit “peut-être”, ça vaut la peine de faire passer le message.»
Elle dit avoir reçu quelques demandes lorsqu’elle a affiché le message sur son véhicule pour la première fois et avoir constaté un regain d’intérêt récemment après qu’une photo de son véhicule a été publiée dans un groupe Facebook local. Mais cela n’a pas encore donné lieu à des offres de don d’organe.
La plupart des dons d’organes dans ce pays, environ 82 %, proviennent de donneurs décédés, selon les données de 2024 de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).
Katrina Sullivan, responsable du programme du Registre canadien des insuffisances et des transplantations d’organes à l’ICIS, explique qu’il revient généralement au patient de trouver un donneur vivant ou un candidat intéressé par le don de son vivant.
«Cela a toujours été la façon de procéder pour recevoir un don de son vivant. Il faut en parler à sa famille et à ses amis, et avec l’avènement des médias sociaux, cela s’est étendu à ce domaine également», a-t-elle affirmé.
À l’échelle nationale, on s’efforce d’augmenter le nombre de donneurs, tant décédés que vivants, a-t-elle ajouté. Les organismes examinent les stratégies mises en place dans d’autres pays qui pourraient être utilisées ici pour encourager davantage le don d’organes.
«Si vous souhaitez devenir donneur d’organes, parlez-en à votre famille. Vous pouvez vous inscrire comme donneur d’organes, mais si l’on demande à votre famille et qu’elle répond “non”, vos organes ne seront pas utilisés.»
— Katrina Sullivan, responsable du programme du Registre canadien des insuffisances et des transplantations d’organes à l’ICIS
Une liste d’attente de plusieurs années
Peggy Macala fait partie des 82 personnes en attente d’une greffe de rein en Saskatchewan, selon les données gouvernementales les plus récentes datant de janvier.
En 2025, le temps d’attente moyen pour une greffe de rein provenant d’un donneur décédé dans la province était d’environ 2,25 ans.
D’après la date à laquelle les patients ont commencé la dialyse, les données de l’ICIS montrent que le temps d’attente national pour les greffes de rein provenant d’un donneur décédé était de 3,7 ans en 2024, soit plus du double du temps d’attente national pour les greffes de rein provenant d’un donneur vivant, qui est de 1,5 an.
«La liste d’attente est toujours plus longue que nous le souhaiterions», a affirmé Jamie Robin Partyka, responsable du Programme de transplantation de la Saskatchewan. «Il y a toujours quelqu’un qui souffre et on veut toujours essayer de voir ce qu’on pourrait faire pour améliorer la situation.»
La promotion du don de rein de donneur vivant s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large du gouvernement de la Saskatchewan visant à accroître le don d’organes et de tissus et à réduire les délais d’attente.
La Saskatchewan participe au programme de dons croisés de rein géré par la Société canadienne du sang. Si un donneur vivant souhaite faire un don à une personne qu’il connaît, mais qu’il n’est pas compatible, le programme l’associe à un autre couple donneur-receveur afin de garantir que les deux patients reçoivent un rein compatible.
Mme Partyka indique que la province s’est fixé pour objectif de réaliser une à deux greffes de rein à partir d’un donneur vivant chaque mois.
«Le don de son vivant est une demande importante. Le don après décès l’est tout autant», a soutenu la responsable. «Nous devons soutenir et respecter sans réserve les décisions. C’est avant tout une question d’autonomie.»
Une receveuse à plusieurs reprises
Mme Macala n’est pas une novice en matière de greffe d’organe. Elle a reçu un nouveau cœur il y a plus de 30 ans et prend depuis lors des immunosuppresseurs, qui, selon elle, ont lentement détérioré sa fonction rénale.
«J’ai attendu six mois pour mon cœur, alors (trois ans) me semble extrêmement long. Mais j’étais bien, bien plus malade avec mon cœur», a-t-elle dit.
«J’ai des limites, mais je fonctionne assez bien.»
Avant d’être inscrite sur la liste d’attente pour une greffe, elle explique que sa fonction rénale était d’environ 13 %. Elle oscille désormais autour de 10 %.
Si sa fonction rénale continue de baisser, Peggy dit qu’elle devra subir une dialyse.
«La dialyse va être difficile pour mon cœur transplanté et ça va être difficile pour moi», a-t-elle expliqué. «Je veux pouvoir obtenir mon rein avant d’être obligée de subir une dialyse.»
Mme Macala dit qu’elle veut une autre chance de vivre sa vie pleinement. À l’heure actuelle, elle est limitée dans ce qu’elle peut faire, manger et boire.
Elle espère qu’un nouveau rein lui permettra de profiter de sa retraite et de passer plus de temps avec ses enfants et ses petits-enfants.
Et si son appel ne lui permet pas d’obtenir un nouveau rein, elle espère qu’il encouragera au moins quelqu’un à s’inscrire comme donneur.
«Les gens attendent une deuxième chance. Et c’est exactement ça, c’est une deuxième chance», a-t-elle exprimé.

