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Deux grèves chez Hydro-Québec: les technologues et les employés de métier

Les négociations durent depuis plus de deux ans dans les deux cas.

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Une enseigne d'Hydro-Québec, photographiée à Montréal, le 30 août 2023. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Une enseigne d'Hydro-Québec, photographiée à Montréal, le 30 août 2023. LA PRESSE CANADIENNE (Christinne Muschi)

Deux grands syndicats chez Hydro-Québec, qui représentent ensemble près de 9000 employés, vont déclencher une grève.

Dans les deux cas, la grève prend la forme d’un refus de faire des heures supplémentaires.

Il s’agit du plus gros des syndicats, celui des employés de métier, qui représente 6200 travailleurs, et celui des 2700 technologues. Les deux sont des sections locales du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui est affilié à la FTQ.

Les négociations durent depuis plus de deux ans dans les deux cas.

Employés de métier

Le syndicat des employés de métier représente des électriciens d’appareillage, des mécaniciens d’appareillage, des monteurs distribution, par exemple. Sa convention collective est échue depuis le 31 décembre 2023. Dans son cas, le litige porte principalement sur le recours à la sous-traitance.

«Il y a beaucoup de sous-traitance dans les installations d’Hydro-Québec. Quand on parle de projets, de remplacement d’équipements, que ce soit au niveau du transport, de distribution, production, et les autres activités d’Hydro-Québec, la sous-traitance a beaucoup augmenté», soutient en entrevue Frédéric Savard, président du syndicat des employés de métier.

«Et là, ça fait en sorte qu’on voit vraiment arriver, qu’on est en train de perdre nos jobs à l’interne, au profit du privé. Et ça semble être une tendance: qu’Hydro-Québec a voulu changer le modèle de notre Hydro québécois», dénonce M. Savard.

Interrogé à savoir si un refus de faire des heures supplémentaires aurait passablement de répercussions, il a répondu: «Si les employés du 1500 (la section locale des employés de métier) sont obligés de faire du temps supplémentaire à toutes les fins de semaine, pour faire en sorte de faire avancer la planification au niveau de la maintenance ou de certains projets, pour moi, il y a deux problèmes: c’est soit qu’on a un besoin de main-d’oeuvre, (soit) qu’il y a eu une mauvaise planification des travaux — et ce n’est pas nous qui avons le contrôle là-dessus».

Technologues

De son côté, le syndicat des technologues rapporte que le litige porte sur les demandes de flexibilité de l’employeur, ainsi que le recours à la sous-traitance.

«Après deux ans et demi de patience de la part de tous nos membres et de notre comité de négociation, le moment est venu de mettre l’employeur face à ses choix et d’accentuer le processus de négociation, afin de permettre à nos membres technologues de mieux sentir leur importance dans le processus d’affaires de l’employeur», affirme le président de la section locale, Robert Claveau.

Il assure qu’il «n’est nullement question de cibler la population québécoise dans cet exercice» et que «c’est plutôt tout le contraire, puisque des améliorations des prestations de travail et du service à la clientèle se porteront garantes du résultat de cette négociation».

Invitée à réagir, la direction d’Hydro-Québec a déclaré, dans une déclaration écrite, que «par respect pour le processus de négociations, nous ne commenterons pas les discussions en cours. Hydro-Québec négocie en toute bonne foi».

La direction souligne néanmoins que «Hydro-Québec est dans une posture de croissance interne dans le contexte de la réalisation de son Plan d’action 2035. D’ailleurs, le nombre d’employés de métiers et de techniciens a augmenté au cours des dernières années.»

La société d’État a déjà conclu des ententes avec d’autres grands syndicats, notamment celui des spécialistes et professionnels (5500 membres), pour lequel la sous-traitance était également un enjeu.

Les parties sont soumises aux dispositions du Code du travail sur les services essentiels. Le Tribunal administratif du travail devra donc se prononcer à savoir si les services essentiels proposés sont suffisants pour ne pas nuire à la santé et à la sécurité publique.

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste