Société

Des voleurs s’en prennent aux agriculteurs pour s’emparer de ce métal précieux

«Nous estimons que nous devrons dépenser environ 20 000 $ pour réparer tout ça.»

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Copper wire Selon un fermier, des fils de cuivre ont été volés sur des pivots d'irrigation mobiles (Alex Karpa/CTV News).

Depuis des années, la ferme familiale de Rachael Proden est victime de vols en milieu rural: outils, VTT, camions et systèmes GPS ont tous disparu. Mais une récente vague de vols de fils de cuivre s’avère particulièrement coûteuse.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

Sa ferme familiale, située au sud de Portage la Prairie, à environ 84 kilomètres à l’ouest de Winnipeg, a été la cible de voleurs qui auraient dénudé les fils de cuivre des systèmes d’irrigation sur roues de la ferme. Ces vols rendent l’équipement inutilisable et ont contraint la famille à assumer d’importants frais de réparation.

«Nous estimons que nous devrons dépenser environ 20 000 $ pour réparer tout ça», a déclaré Mme Proden.

«Ce n’est pas donné.»

Les pivots d’irrigation sur roues sont de grands systèmes d’irrigation mécanisés utilisés pour arroser les cultures.

Le système d’irrigation, qui mesure généralement des centaines de mètres de long, est parcouru sur toute sa longueur par des fils de cuivre. Ces fils de cuivre servent de source d’alimentation pour l’équipement d’irrigation, qui peut s’étendre sur des centaines de mètres à travers les champs. Sans eux, les systèmes ne peuvent pas fonctionner.

«C’est difficile», a-t-elle dit.

Les dégâts ne s’arrêtent pas là.

Mme Proden a indiqué que le fil de cuivre de l’une de ses semoirs à maïs avait également été dénudé, détruisant complètement l’équipement au passage.

Elle a expliqué qu’ils avaient été contraints d’acheter une nouvelle machine, dont le remplacement leur a coûté environ 50 000 $.

«Ça a été vraiment frustrant de devoir faire face à ça», a-t-elle soutenu.

«Ce sont des dépenses supplémentaires dans une année où les marges sont très serrées. Le prix des engrais est à un niveau record, les semences sont chères, l’équipement est cher.»

—  Rachael Proden, propriétaire d'une ferme

«Devoir remplacer du matériel qui n’était pas prévu au budget, c’est frustrant et assez stressant.»

Les vols ont également affecté les plans de production de cette année.

Mme Proden a indiqué que la famille avait l’intention de semer environ 1 500 acres de maïs cette année, mais qu’elle a réduit cette superficie à environ 1 000 acres après que le semoir a été endommagé.

La GRC du Manitoba a indiqué avoir été informée des vols le 25 mai et poursuivre son enquête.

Rachael Proden affirme avoir discuté avec plusieurs producteurs de la région qui ont subi des vols similaires.

«Les vols en milieu rural sont un problème majeur»

En plus de s’occuper de l’exploitation de sa ferme, Colin Penner, qui cultive à Elm Creek, au Manitoba, dit qu’il surveille constamment sa propriété.

«On peut souvent dire si quelqu’un qui n’a rien à faire ici se trouve dans le voisinage», a-t-il indiqué.

«Les choses ont tendance à s’intensifier selon les saisons, surtout à l’automne.»

«On espère toujours le meilleur des gens, mais on doit quand même s’attendre au pire si quelqu’un traverse votre cour en voiture la nuit», a-t-il soutenu.

Bien que M. Penner n’ait pas subi de vol de fil de cuivre sur son propre équipement, il affirme que les incidents touchant les fermes voisines sont préoccupants.

Pour protéger sa propriété, il a installé des lumières et des caméras de sécurité – des mesures qui, selon lui, sont devenues nécessaires.

«Les vols en milieu rural sont un problème majeur», a-t-il déclaré.

«Nous dépendons de nos tracteurs, de nos camions et de notre équipement pour notre subsistance, et quand ils disparaissent, cela peut vraiment avoir un impact sur notre capacité à faire notre travail.»

Ces inquiétudes surviennent alors que Statistique Canada rapporte que les provinces des Prairies continuent d’enregistrer les indices de gravité de la criminalité les plus élevés du pays, le Manitoba rural se classant au deuxième rang national pour les taux de criminalité.

Pour Mme Proden, ce vol est un défi de plus dans une année déjà difficile. Elle estime qu’il faut en faire davantage pour lutter à la fois contre la criminalité et contre le marché du cuivre volé.

«On est juste un peu frustrés par le système, en général», a-t-elle exprimé. «Le fait qu’il existe un endroit où quelqu’un peut vendre ce fil de cuivre, c’est un peu frustrant.»

«Si un type lambda se présente avec un rouleau de fil de cuivre de 400 mètres de long et qu’il ne peut pas prouver d’où il vient, pourquoi un centre de recyclage l’accepte-t-il quand même?»

En réponse, les agriculteurs de la région de Portage la Prairie, menés par Mme Proden, offrent une récompense de 10 000 $ pour toute information menant à l’arrestation et à la condamnation des responsables des récents vols.