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Des villes proposent d'acquérir une statue de Samuel de Champlain située en Ontario

Les municipalités de Champlain, en Mauricie, et de Lévis font partie de celles qui espèrent offrir un nouveau foyer à la statue.

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Cette image non datée présente une illustration conceptuelle d'une statue de Samuel de Champlain, dont l'installation est proposée dans un parc municipal d'Orillia, en Ontario. LA PRESSE CANADIENNE/Fournie par - Ville d'Orillia (Mention obligatoire) Cette image non datée présente une illustration conceptuelle d'une statue de Samuel de Champlain, dont l'installation est proposée dans un parc municipal d'Orillia, en Ontario. LA PRESSE CANADIENNE/Fournie par - Ville d'Orillia (Mention obligatoire) (Ville d'Orillia via La Presse Canadienne)

Quelques municipalités et organisations québécoises se proposent de récupérer une statue controversée de Samuel de Champlain provenant d’une ville de l’Ontario, dans le comté de Simcoe.

Ce monument en bronze de près de quatre mètres de haut, représentant l’explorateur du XVIIe siècle et fondateur de la ville de Québec, a été retiré d’un parc d’Orillia, en Ontario, et mis en dépôt en 2017 à la suite d’un débat sur son symbolisme colonial.

Le maire d’Orillia, Don McIsaac, indique qu’une vague de propositions a afflué après que la ville eut récemment évoqué la possibilité de faire fondre la statue.

«On dit qu’elle est raciste, qu’elle ne fait pas partie de notre histoire, qu’elle est une insulte aux peuples autochtones, a expliqué M. McIsaac lors d’une entrevue au sujet de la controverse. La plaque apposée sur la statue initiale, installée en 1925, indiquait qu’elle célébrait l’arrivée des Blancs en Ontario. De toute évidence, ce n’est plus acceptable en 2026.»

Samuel de Champlain, surnommé le «père de la Nouvelle-France», est reconnu pour avoir contribué à l’établissement de colonies françaises dans la vallée du Saint-Laurent.

La statue de Samuel de Champlain faisait partie d’un ensemble statuaire plus vaste situé dans l’un des parcs publics les plus importants d’Orillia. Inaugurée en 1925, cette installation représentait M. Champlain au sommet d’une dalle de pierre. Des Autochtones étaient représentés aux pieds d’un prêtre jésuite et d’un trappeur, placés en dessous de l’explorateur français.

Le retrait de la statue pour restauration en 2017 a suscité un débat quant à sa réinstallation.

Un groupe de travail, composé de représentants de Parcs Canada, de la Ville et des Premières Nations Chippewas de Rama et Hurons-Wendat, a recommandé en 2019 la réinstallation de la seule statue de Samuel de Champlain, en attendant de nouvelles consultations.

Plus tôt cette année, le Groupe des Premiers Peuples, une firme de consultation dirigée par des Autochtones, a proposé une nouvelle conception de l’installation afin de mettre en valeur les contributions des Chippewas de Rama, des Hurons-Wendat et des Anishinaabeg, avec l’ajout d’une nouvelle plaque.

Cependant, en janvier, la Première Nation Chippewas de Rama a recommandé l’abandon du projet, affirmant que rouvrir le débat reviendrait à une «dé-réconciliation». Deux conseillers municipaux ont par la suite quitté le groupe de travail, craignant que le projet ne reflète pas une véritable réconciliation.

La statue a brièvement réintégré son emplacement d’origine en mars, avant d’être retirée en juin et entreposée. Après ce second retrait, la ville a envisagé de la fondre.

M. McIsaac précise avoir reçu plus d’une dizaine de manifestations d’intérêt, provenant principalement de municipalités québécoises et de communautés franco-ontariennes.

Caroline Dionne, porte-parole de Champlain au Québec, ville nommée en l’honneur du Français, a déclaré que la ville est reconnue pour son patrimoine culturel et souhaite rendre hommage à une figure marquante de son histoire.

«Il nous semble tout à fait logique que cette œuvre d’art soit exposée près du fleuve Saint-Laurent, dans un lieu étroitement lié à son séjour dans notre région», a-t-elle indiqué dans un courriel.

Mme Dionne a précisé que la municipalité s’intéresse uniquement à la statue de Samuel de Champlain et non au monument dans son ensemble. «À notre avis, cette distinction est importante, car les débats observés ailleurs portent davantage sur la composition générale du monument que sur la figure historique de Samuel de Champlain lui-même», a-t-elle commenté.

Lévis, au Québec, figure également parmi les municipalités qui souhaitent accueillir la statue.

Le 24 juin, M. McIsaac a transmis au conseil municipal d’Orillia un document détaillant 13 manifestations d’intérêt ou offres formelles concernant la statue de Champlain.

Il a indiqué avoir reçu une trentaine de demandes de renseignements au total, mais estime que la statue devrait demeurer propriété de la ville, avec une nouvelle plaque commémorative, puisqu’elle visait à «unir le Canada français et le Canada anglais». Il a ajouté que la plupart des résidents souhaitent sa restauration.

Dans un courriel adressé à M. McIsaac, le maire de Lévis, Daniel Saindon, a promis de déplacer la statue de Samuel de Champlain dans l’un des «parcs les plus prestigieux» de la ville, tout en fournissant un contexte historique approprié afin de «préserver sa signification et de tenir compte des sensibilités apparues ces dernières années».

Cependant, selon M. McIsaac, il est peu probable que la statue quitte prochainement l’entrepôt où elle se trouve actuellement, le conseil municipal continuant de débattre de son avenir.