À 60 pieds au-dessus du sol, l’artiste Zoë Gelfant applique une nouvelle couche de peinture orange sur la paroi d’un silo. Sa gigantesque murale circulaire domine le panorama le long du chemin Brook, à Hinchinbrooke, au Québec.
Elle ne peut voir que les quelques pieds situés à droite et à gauche de l’endroit où se trouve sa nacelle et doit avoir confiance que l’œuvre d’art prend forme comme prévu.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«C’est un peu stressant quand on peint, parce qu’on y met tout ce travail et qu’on espère que le résultat sera à la hauteur», a-t-elle avoué à CTV. «Mais en même temps, c’est une si belle surprise à la fin de la journée de travail, quand on redescend au sol et qu’on voit le résultat.»
Elle a plaisanté en disant que cela la préoccupait davantage que la peur des hauteurs.

Mme Gelfant travaille actuellement sur la dernière des six peintures murales de silos de la MRC du Haut-Saint-Laurent, à environ 45 minutes au sud-ouest de Montréal.
«Le plus difficile dans tout ce processus a simplement été d’arriver ici sans vraiment avoir réalisé à quel point ce projet allait être gigantesque», a-t-elle dit.
Le projet lui a demandé 5 semaines de travail, à raison parfois de 12 heures par jour.
En plus d’un horaire éprouvant, elle a également dû tenir compte des aspects logistiques liés à la peinture d’un silo en béton, notamment la gestion du ciment, du métal et des obstacles.
«Il y a les anneaux qui font le tour, ainsi que la goulotte et l’échelle dont il fallait tenir compte. Ce sont tous ces défis physiques, mais j’adore en quelque sorte me débrouiller comme un singe», a ajouté Mme Gelfant.
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une subvention artistique accordée par le gouvernement provincial. Le coût total du projet s’élève à 1 373 352$. Le ministère des Affaires municipales du Québec y contribue à hauteur de 1 144 460$ et la MRC verse 228 892$.

Nancy Brunelle, coordonnatrice culturelle de la MRC, explique que l’on espère que ces œuvres stimuleront le tourisme dans cette région davantage connue pour son agriculture que pour son art.
«Nous avons vraiment intégré des éléments issus des fermes familiales ainsi que de l’histoire locale», a-t-elle affirmé.
À la Ferme Sylvain et Pascal Vincent, à Franklin, le plus ancien tracteur de l’exploitation est représenté aux côtés de pommes provenant des vergers voisins. À Thornbrae Farms, à Howick, un oiseau gigantesque domine le paysage.
L’été prochain, trois autres silos viendront s’ajouter avant que le financement ne prenne fin en 2027.
À mesure que les œuvres prennent forme, elles suscitent déjà beaucoup d’intérêt.
«Il y avait des gens à vélo. Des gens dans leurs camions nous klaxonnent. C’est vraiment agréable. Ils nous encouragent», a confié l’artiste.

