Le premier ministre Mark Carney affirme que le Canada dispose d’une occasion sans précédent de dynamiser son économie alors que les investisseurs internationaux affluent à Toronto pour un sommet aux enjeux majeurs, et laisse entendre qu’un certain nombre d’accords ont déjà été signés.
Des centaines de dirigeants d’entreprise et de gestionnaires d’actifs internationaux arrivent à Toronto pour le tout premier sommet du Canada sur l’investissement, afin de découvrir des projets d’envergure à différents stades de développement.
S’exprimant dimanche soir au Musée royal de l’Ontario, M. Carney a dit aux chefs d’entreprise et aux responsables politiques canadiens que le monde porte désormais un regard différent sur le Canada, et que le pays doit en faire de même.
«Nous avons ce que le monde veut: l’énergie, les ressources, les talents, la technologie et les capitaux», affirme M. Carney.
«Et notre plus grande force est quelque chose qui ne figure sur aucun bilan: la confiance», ajoute-t-il, dans ce qui semble être une pique à l’encontre du président américain Donald Trump.
Parmi les participants figurent Aidan Gomez, président et chef de direction de Cohere, et Sara Wilshaw, déléguée commerciale en chef du Canada.
Ce sommet constitue un élément clé du plan de M. Carney visant à stimuler un billion, ou 1000 milliards $ d’investissements au Canada au cours des cinq prochaines années.
M. Carney affirme que même si les personnes présentes dans la salle ne sont pas toujours d’accord, et qu’elles n’ont d’ailleurs pas besoin de l’être, elles s’entendent toutes sur la direction que prend le Canada.
«Un nouveau consensus s’est dégagé, d’Iqaluit à Victoria en passant par Québec et Saint-Jean: le Canada prend en main son avenir», soutient-il. «Nous construirons davantage, nous intensifierons nos échanges commerciaux entre nous et avec le reste du monde, et nous créerons une prospérité plus durable ici, chez nous.»
Occasion pour les provinces de se faire valoir
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, précise que les invités viennent du Koweït, de Malaisie, des Pays-Bas, de Singapour, du Qatar, de Norvège, du Japon et d’Australie.
«Cet évènement est pour nouer des relations, d’ouvrir des portes et de démontrer que l’Ontario est l’un des endroits les plus attractifs au monde pour les investissements», écrit M. Ford dans un communiqué de presse.
Il précise que quinze projets majeurs en Ontario étaient proposés, notamment dans les domaines de la production et du transport d’énergie, des minéraux stratégiques et de l’exploitation minière, de l’intelligence artificielle et de la fabrication de pointe.
«Nous bâtissons une économie capable de rivaliser avec n’importe qui, n’importe où. Tel sera mon message tout au long du Sommet canadien de l’investissement», affirme M. Ford.
«L’Ontario possède ce dont le monde a besoin et nous allons veiller à ce que le monde le sache.»
Alors que M. Ford et M. Carney présentent le sommet comme une occasion d’investir au Canada, des groupes de la société civile affirment qu’ils s’associent à des chefs d’entreprise qui aggravent les crises mondiales.
Des manifestants, parmi lesquels des syndicats, des dirigeants autochtones et des militants pour le climat et le logement, se mobiliseront lundi en brandissant une banderole sur laquelle on pourra lire «Le peuple contre l’argent» et prévoient une «intervention directe» auprès des participants.
Les organisateurs affirment rejeter le projet de M. Carney visant à confier l’avenir économique du Canada à de grands dirigeants d’entreprises, et se disent inquiets quant à l’avenir des services publics, des oléoducs et de la fabrication d’armes.
Avec la contribution de Craig Lord et Alessia Passafiume à Ottawa
