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Des manifestants à Ottawa exhortent le Canada à soutenir Maduro

Une manifestation a également été organisée à Montréal.

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Un piéton passe devant une murale de Nicolás Maduro à Caracas, au Venezuela, le 4 janvier 2026. Alors que certains pays condamnent l'éviction du président vénézuélien par les États-Unis, des manifestants à Ottawa appellent le gouvernement fédéral à s... Un piéton passe devant une murale de Nicolás Maduro à Caracas, au Venezuela, le 4 janvier 2026. Alors que certains pays condamnent l'éviction du président vénézuélien par les États-Unis, des manifestants à Ottawa appellent le gouvernement fédéral à soutenir le droit à l'autodétermination du peuple vénézuélien. (AP/Matias Delacroix) (Matias Delacroix/Associated Press)

Alors que certains pays condamnent l’éviction du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, des manifestants à Ottawa appellent le gouvernement fédéral à soutenir le droit à l’autodétermination du peuple vénézuélien et demandent aux États-Unis de se retirer.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’ambassade américaine, à quelques pas de la colline du Parlement, pour dénoncer les actions du président Donald Trump, qui a envoyé Nicolás Maduro et son épouse dans une base militaire à Caracas plus tôt ce week-end.

Cette opération militaire éclair a été marquée par de multiples explosions alors que des avions volant à basse altitude survolaient la capitale nationale.

Emmanuel Galleguillos-Cote, un manifestant rencontré devant l’ambassade, affirme que cette action militaire n’est que le dernier chapitre d’une histoire où les États-Unis traitent l’Amérique latine «comme leur propre arrière-cour» pour exploiter ses ressources.

Les manifestants ont scandé des slogans en faveur de Nicolás Maduro, qui, selon eux, devrait être soutenu par le Canada et le premier ministre Mark Carney. Ils ont également accusé Donald Trump de déstabiliser la région.

Quelques heures après l’enlèvement de M. Maduro, M. Trump a révélé à la presse son intention d’exploiter le vide politique pour «réparer» l’infrastructure pétrolière du pays et vendre de «grandes quantités» de pétrole à l’étranger.

«Les États-Unis pensent que ces ressources leur appartiennent, mais ce n’est pas le cas. Elles appartiennent au peuple, et c’est au peuple, par son droit à l’autodétermination, de se gouverner lui-même et de ne pas subir l’ingérence des États-Unis», a déclaré M. Galleguillos-Cote.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a semblé faire marche arrière dimanche, laissant entendre que les États-Unis ne joueraient pas un rôle quotidien dans la gouvernance du Venezuela, hormis l’application d’un embargo pétrolier existant.

Six pays, dont le Mexique et l’Espagne, ont publié dimanche une déclaration condamnant les actions des États-Unis, affirmant qu’elles créent un dangereux précédent pour la paix et la sécurité régionales.

«Nous réaffirmons que la situation au Venezuela doit être résolue exclusivement par des moyens pacifiques, par le dialogue, la négociation et le respect de la volonté du peuple vénézuélien sous toutes ses formes, sans ingérence extérieure et conformément au droit international», indique la déclaration.

«Nous exprimons notre vive préoccupation face à toute tentative de contrôle, d’administration ou d’appropriation de ressources naturelles ou stratégiques par un gouvernement étranger, ce qui est incompatible avec le droit international et menace la stabilité politique, économique et sociale de la région», ajoutent ces six pays.

Diana Rizo, une contre-manifestante à Ottawa qui a fui le Venezuela pour le Canada en 2014, s’est dite perplexe face aux manifestations de soutien à M. Maduro, qu’elle accuse d’avoir nui à son pays et à ses opposants.

«Je veux rentrer, et les États-Unis m’en donnent l’occasion et l’espoir. J’ai vécu tant d’années sans espoir de retourner dans mon pays, et enfin, cet espoir renaît», a-t-elle déclaré.

De nombreux Vénézuéliens installés à l’étranger, comme Mme Rizo, voient dans les récents événements l’espoir de retrouver leurs proches restés au pays.

Ils espèrent également retrouver une vie normale et voir enfin la démocratie s’instaurer.

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a réagi samedi après-midi à la destitution de M. Maduro en soulignant que l’une des premières mesures prises par son gouvernement en mars avait été d’imposer des sanctions supplémentaires à ce «régime brutalement oppressif et criminel».

Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, M. Carney a indiqué que le Canada n’avait pas reconnu «le régime illégitime de Maduro depuis qu’il a volé les élections de 2018».

«Le gouvernement canadien se réjouit donc de cette opportunité de liberté, de démocratie, de paix et de prospérité pour le peuple vénézuélien», a écrit M. Carney.

Il a affirmé que le Canada «a longtemps soutenu un processus de transition pacifique, négocié et mené par les Vénézuéliens, respectueux de la volonté démocratique du peuple vénézuélien», ajoutant que le Canada appelle toutes les parties à respecter le droit international. «Nous soutenons le droit souverain du peuple vénézuélien à décider et à construire son propre avenir dans une société pacifique et démocratique», a déclaré le chef libéral.

Par ailleurs, une manifestation a également été organisée à Montréal dans le parc des Faubourgs, situé dans l’arrondissement Ville-Marie. Une autre devait se dérouler devant le consulat américain à Québec.

— Avec la collaboration de Cassidy McMackon et de Charlotte Glorieux

Alessia Passafiume

Alessia Passafiume

Journaliste