Société

Des inquiétudes face à la diminution des jeux en plein air non structurés chez les enfants

Le 11 juin dernier était la Journée internationale du jeu.

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Jeux envato Des enfants jouent à l'extérieur. (Envato)

Alors que le Canada célébrait cette semaine la Journée internationale du jeu des Nations Unies, une organisation caritative mondiale dédiée à l’enfance tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle qualifie de déclin des jeux en plein air non structurés et à l’impact que cela pourrait avoir sur le développement et le bien-être des enfants.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«À l’échelle mondiale, les enfants jouent moins que les générations précédentes, et cela s’explique par de nombreux facteurs», a expliqué Jessie Thomson, directrice générale de Right To Play International.

«Je pense qu’en tant que parents, nous savons tous que la numérisation, l’IA et les médias sociaux détournent les enfants du jeu, du jeu physique, mais aussi simplement du jeu libre.»

—  Jessie Thomson, directrice générale de Right To Play International

L’organisation, qui utilise des programmes axés sur le jeu pour soutenir les enfants dans les communautés vulnérables à travers le monde, affirme que le problème va bien au-delà des loisirs.

Mme Thomson a indiqué qu’une récente consultation menée auprès de 10 000 enfants a mis en lumière certains des obstacles auxquels les jeunes sont confrontés.

«Un enfant sur trois nous a dit qu’il n’avait pas assez de temps pour jouer. Un enfant sur cinq nous a dit qu’il n’avait pas d’endroit sûr où jouer, et un enfant sur quatre nous a dit qu’il n’avait personne avec qui jouer.»

Elle a ajouté que les conséquences peuvent être importantes.

«Quand les enfants ne jouent pas, ils n’apprennent pas et ne grandissent pas comme ils le devraient. Mais nous savons aussi que cela a un impact extrêmement important sur leur santé mentale, leur santé physique et leur bien-être général.»

À Calgary, certains parents se tournent vers des programmes de jeux en plein air pour aider leurs enfants à renouer avec la nature.

Des occasions de jeux libres

Jonathan Chan, âgé de huit ans, passe ses journées à grimper aux arbres, à creuser des trous et à explorer la nature grâce à un programme de jeux en forêt géré par Nature Play Limited.

«Je peux simplement être dans ma bulle, loin du monde», a-t-il dit.

La propriétaire, Devon Karchut, une physiothérapeute qui travaille avec les enfants, explique que c’est son fils qui l’a inspirée à créer ce programme.

«Nous avons un programme d’école en forêt et un programme axé sur la thérapie, ce qui permet d’offrir aux enfants, qui en ville n’ont peut-être pas beaucoup d’occasions de jouer dehors dans la nature, la possibilité de le faire», dit-elle.

Mme Karchut estime que les occasions de jeux en plein air non structurés sont plus importantes que jamais.

«En les privant de cela, nous avons vraiment bouleversé tant d’aspects du développement de l’enfant qu’il nous faut maintenant, en quelque sorte, réparer, je suppose, ou réfléchir à la façon de rétablir cela, car ce temps non structuré passé à l’extérieur est si vital pour les enfants.»

Cette question est également au cœur du gala annuel Heroes de Right To Play à Toronto, qui recueille des fonds pour des programmes axés sur le jeu au Canada et à l’étranger.

L’organisation soutient plus de 60 communautés autochtones à travers le Canada et travaille à l’échelle internationale auprès d’enfants confrontés à l’adversité, aux conflits et au déplacement.

L’ancien sprinter canadien et ambassadeur de Right To Play, Sam Effah, a indiqué avoir vu de ses propres yeux comment le jeu peut transformer la vie des jeunes.

«J’ai vu comment un ballon de soccer peut transformer un environnement, passant peut-être d’une situation de lutte ou de frustration à la confiance», a-t-il souligné.

M. Effah a ajouté que les bienfaits du jeu vont bien au-delà du sport.

«Cela aide les gens à participer et favorise l’égalité des sexes. Dans certains pays du monde, tout le monde n’a pas cette chance. Je pense donc que le fait d’utiliser le jeu comme catalyseur pour y parvenir est énorme, et je l’ai constaté de mes propres yeux, que ce soit à Calgary ou lors de mes retours en Guyane.»