Deux résidents de Saint-Hyacinthe, en Montérégie, se tournent vers la Cour supérieure pour combattre la densification de leur quartier. Ils ont intenté une poursuite contre la Ville et un constructeur qui a érigé un immeuble à logements à côté de leur maison unifamiliale.
«À la hauteur que ça a, c’est toute l’intimité qu’on vient de perdre», a déploré l’un des citoyens au micro de Noovo Info.
Dans le même secteur, un grand immeuble à logements a été construit à 3,1 mètres de la cour arrière d’une maison.

Les Maskoutains rencontrés par Noovo Info ne se disent pas contre la densification des quartiers, mais mènent présentement un combat avec d’autres citoyens afin que le tout soit réalisé de manière plus sensée.

Interrogé quant au dossier, le maire de Saint-Hyacinthe, André Beauregard, soutient qu’«on est condamnés à la densification», alors qu’il faut accueillir davantage de citoyens.
«On souhaite que ça n’ait pas d’impact sur leur qualité de vie, mais quand les citoyens voient des constructions de plusieurs étages, ça change leur quotidien», a-t-il mentionné.
De moins en moins de maisons unifamiliales au Québec
Et cette situation ne date pas d’hier. Depuis 20 ans, le nombre de nouvelles résidences individuelles est en chute libre, et ce, au profit des immeubles à logements, selon des données obtenues par Noovo Info.
Les permis émis pour la construction de maisons unifamiliales ont par ailleurs drastiquement baissé depuis 20 ans. À Laval en 2005, on avait délivré 1722 permis. En 2025, on n’en rapportait que 221.
En ce qui concerne Montréal, le nombre de mises en chantier de maisons individuelles est passé de 412 à 50 lors de la même période.
Dans l’ensemble du Québec, on observe une diminution de 26% entre 2015 et 2025 concernant la construction de maisons individuelles au Québec, selon les données de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).

Le directeur économique au sein de l’APCHQ, David Goulet, ne le cache pas: «on ne construit plus les mêmes grandes demeures que par le passé.»
«Beaucoup de promoteurs, de constructeurs, qui avant ne construisaient que des maisons, n’ont pas eu le choix de se tourner vers le locatif, parce qu’il n’y avait pas d’acheteurs pour leurs produits», a-t-il expliqué
La raison? «Les terrains sont désormais plus dispendieux», ajoute-t-il.
Et la densification continue de s’étendre.
«On voit des maisons en rangées et jumelées, ce qu’on voyait dans les premières couronnes (du Grand Montréal) et on en voit maintenant de plus en plus loin», a conclu M. Goulet.
À voir dans la vidéo.

