Société

Des experts mettent en garde contre un réseau en ligne qui piège des enfants

«Ce sont des monstres.»

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Analyse | Jeunes et réseau 764: le point avec Yannick Dion Mercredi, un homme de 26 ans, originaire de Québec, a été arrêté par la GRC pour avoir promu l’idéologie violente d’un réseau terroriste via la plateforme Telegram. Le point avec le collaborateur de Noovo Info Yannick Dion.
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Les experts alertent sur un réseau extrémiste violent en ligne qui cible des enfants et des adolescents canadiens vulnérables et utilise des techniques de manipulation pour pousser ses victimes à s’automutiler, à se livrer à l’exploitation sexuelle et à commettre des actes de violence. Cependant, l’argent n’est pas nécessairement leur motivation.

«Ce sont des monstres», a lancé Darren Laur, fondateur de The White Hatter, une entreprise spécialisée dans l’éducation aux technologies numériques. «Et leur objectif ici est d’infliger autant de souffrances émotionnelles, psychologiques et physiques que possible à leurs cibles.»

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Ce réseau, connu sous le nom de 764, a été désigné comme une entité terroriste au Canada. Les spécialistes qui surveillent l’extrémisme en ligne affirment que le groupe s’attaque à des jeunes en quête d’amitié, de reconnaissance ou d’un sentiment d’appartenance, les manipulant progressivement pour les pousser à commettre des actes dangereux et dégradants.

«Nous commençons à voir ces thèmes idéologiques particuliers s’immiscer dans ces agissements», a expliqué Valarie Findlay, experte en analyse des menaces. «Nous commençons à observer des traces de suprématie blanche. Nous commençons à observer des préjugés sexistes, racistes, ainsi qu’un certain nombre de thèmes idéologiques ou liés à la vision du monde.»

Le recrutement commence souvent sur des plateformes très utilisées telles que Roblox ou TikTok, avant que les conversations ne soient transférées vers des applications cryptées comme Discord ou Telegram, où les abus peuvent s’intensifier à l’abri du regard des parents.

Les victimes peuvent être contraintes à s’automutiler, à envoyer des images à caractère sexuel, à maltraiter ou à tuer des animaux, ou à commettre d’autres actes violents. «Nous n’avons pas vu une cruauté d’une telle ampleur depuis probablement les années 1970, avec certains groupes apocalyptiques, occultes, la panique satanique, ce genre de choses», a rapporté Mme Findlay.

Recruter des jeunes en ligne pour commettre des actes de violence: qu’est-ce que le Groupe 764? Le Groupe 764 suscite une vague de préoccupations sur les réseaux sociaux. Un père affirme que sa fille s’est enlevée la vie après avoir été manipulée par le groupe extrémiste.

Les parents invités à rester attentifs

Elle affirme qu’il n’y a pas de réponse facile pour les parents qui doivent faire face à de nombreux défis à l’ère numérique. «Malheureusement, c’est vraiment aux parents qu’il revient d’être très attentifs aux schémas de comportement de leur enfant, à ce qui change et à ce qui ne change pas», a soutenu Mme Findlay. «Si vous pouvez avoir une communication vraiment ouverte avec votre enfant, je pense que c’est la meilleure défense.»

Le gouvernement fédéral envisage de nouvelles restrictions visant à protéger les enfants en ligne, notamment la possibilité de limiter l’accès des jeunes aux réseaux sociaux. Un groupe de parents militant sur le terrain estime que ces mesures ne peuvent pas être mises en place assez tôt.

«Il est clair que ce n’est pas sûr», a prévenu Robin Sherk, qui milite au nom de l’association Unplugged Canada. «Il est clair que les parents ne peuvent pas y arriver seuls. On ne connaît pas toutes les plateformes qui existent, tous les appareils auxquels votre enfant peut avoir accès.»

Perte dévastatrice

Pour certaines familles, les conséquences de cette exploitation ont été dévastatrices.

Jason Sokolowski, un père de Vancouver, raconte que sa fille adolescente a été manipulée par quelqu’un se faisant appeler Culprit, dont il a appris par la suite qu’il était lié au réseau 764.

Après la première tentative de suicide de sa fille, M. Sokolowski raconte avoir trouvé des preuves de coercition en ligne sur son ordinateur portable pendant qu’elle était à l’hôpital. «Il y avait une liste de choses à faire pour s’automutiler… accomplissez ces actes, et vous gagnerez un statut au sein du groupe. Vous deviendrez une célébrité au sein du groupe», a-t-il dit.

Un homme de Québec accusé d’avoir promu l’idéologie violente d’un réseau terroriste Un homme de 26 ans, originaire de Québec, a été arrêté par la section régionale de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) pour avoir promu l’idéologie violente d’un réseau terroriste via la plateforme Telegram.

Elle a fini par mettre fin à ses jours. M. Sokolowski considère sa mort comme un homicide. Il estime que les familles ont besoin de mesures de protection plus strictes pour empêcher que les enfants ne soient pris pour cible.

« Nous ne laissons pas les enfants conduire, utiliser des armes à feu ou boire de l’alcool », a-t-il déclaré. « Les réseaux sociaux s’avèrent être tout aussi dangereux pour les enfants que n’importe lequel de ces trois éléments. »

M. Sokolowski prévoit de se rendre à Ottawa le lundi 27 avril, en compagnie d’autres parents et enfants venus de tout le pays, afin de faire pression sur le gouvernement libéral pour qu’il protège mieux les enfants canadiens.