Québec solidaire (QS) croit pouvoir soutenir «massivement» l’agriculture locale grâce à sa promesse d’un réseau national d’épiceries publiques, dont l’implantation coûterait au départ 100 millions $ selon ses calculs.
À quelques semaines du déclenchement de la campagne électorale, la formation politique a remis à l’avant-plan mercredi son idée d’épiceries publiques à but non lucratif de type grossiste, ou de style «Costco».
Adoptée lors du congrès du parti en mai dernier, cette proposition vise à faire concurrence aux grandes bannières d’alimentation et à réduire le coût du panier d’épicerie.
Selon le modèle proposé par QS, ce réseau national d’épiceries publiques agirait comme un grossiste alimentaire en achetant et revendant des produits d’ici en gros.
Il aurait notamment le mandat d’approvisionner en produits locaux les institutions publiques, qui auraient une cible obligatoire de 75 % d’achat local, sous un gouvernement solidaire.
En s’appuyant sur les besoins réguliers en alimentation des hôpitaux, des écoles et des CPE, par exemple, les agriculteurs québécois seraient gagnants, estime la porte-parole de QS, Ruba Ghazal.
«Cette demande-là en nourriture, elle est stable. Ça va donc nous permettre d’acheter une grande quantité de nourriture aux producteurs québécois qui vont avoir une stabilité, qu’ils n’ont pas en ce moment en faisant affaire avec de grosses épiceries qui sont très agressives au niveau du prix», soutient-elle en entrevue.
Mme Ghazal expose qu’environ la moitié des entreprises agricoles au Québec fait moins de 100 000 $ de revenus par année. Selon elle, le concept d’épiceries publiques aurait d’importantes retombées pour les agriculteurs, sans toutefois pouvoir les chiffrer.
«C’est sûr et certain qu’en allant assurer une prévisibilité et une demande fixe pour les agriculteurs, ça va amener un apport quand même important, beaucoup plus que maintenant», dit Mme Ghazal.
QS prévoit annoncer au cours de la campagne électorale d’autres mesures concernant le milieu de l’agriculture, notamment en lien avec la protection des terres agricoles.
Un investissement de 100 millions $
Le réseau d’épiceries publiques proposé par QS viserait également à favoriser l’accès à des aliments locaux abordables pour les consommateurs.
Cette promesse passerait d’abord par la réalisation d’un projet pilote de 15 points de services pour le grand public dans des déserts alimentaires et des communautés éloignées où les prix sont plus élevés. La démarche comprendrait également l’implantation de deux centres de distribution.
Selon l’évaluation de QS, le coût d’investissements de départ pour ce projet pilote serait de 100 millions $. Les coûts d’exploitation et d’opération sont ensuite estimés à 85 millions $ par année, indique Mme Ghazal.
Celle-ci présente cet engagement comme une mesure qui aurait «un impact structurant à long terme pour les agriculteurs, qui va bénéficier aux générations futures d’agriculteurs».
«C’est vraiment un projet de société de manger local et aussi de protéger ceux qui nous nourrissent», affirme Mme Ghazal.
Elle soutient que l’objectif des épiceries publiques ne serait «pas de nourrir les actionnaires puis de faire des profits», mais plutôt de réaliser un rendement suffisant pour couvrir les coûts d’exploitation.
La proposition de QS s’inspire d’une promesse du maire de New York, Zohran Mamdani, et doit être une des mesures phares de la plateforme électorale du parti.

