Un peu partout au Québec, les producteurs agricoles doivent conjuguer avec des comportements irrespectueux et nuisibles de la part de visiteurs. Parfois les gens sont mal intentionnés, mais le manque d’éducation est aussi flagrant.
À Saguenay, les propriétaires de la ferme Tournesol, situés à Shipshaw, en savent quelque chose. Au fil des ans, des vols dans leurs champs de bleuets et du grabuge sur leurs terres ont compliqué leur quotidien.
«C’est déjà arrivé qu’on ait quatre ou cinq personnes qui cueillaient avec des peignes dans les champs de bleuets. Ça représente beaucoup de livres de bleuets qui peuvent partir du champ à l’heure. Par la suite, des gens qui font juste traverser les barrières et qui rentrent dans les champs pour se servir eux-mêmes», raconte Samuel Gogniat, responsable de la ferme.
Il indique que son équipe installe de nouvelles pancartes chaque année parce qu’elles se font arracher et se retrouvent un peu partout dans le champ.
«Chaque ferme et chaque propriétaire de terre doit un peu mener sa propre bataille, mais c’est certain qu’il pourrait y avoir plus de prévention faite par l’UPA», souligne le responsable de la ferme Tournesol.
Luc De Launière, membre du conseil exécutif du syndicat local de l’UPA du Domaine-du-Roy, souligne également que la situation est «déplorable».
«Voler des bleuets, c’est comme voler dans le réfrigérateur de quelqu’un. Le monde pense qu’à cause que ce sont de grands terrains qu’ils ont accès librement», dit-il.
Parfois, c’est le manque d’éducation des cueilleurs qui posent problème. Certains comportements peuvent sembler banals, mais ils vont entraîner des répercussions importantes sur la production.
Dans les champs de fraises en Estrie, certains laissent les queues des fraises au sol, les laissant pourrir près de la récolte.
«Une fraise qui pourrit ou une queue de fraise qui pourrit dans le champ, ça fait pourrir les autres autour», explique Julie Drouin, copropriétaire de la Vallée des grands potagers.
«Ça m’est arrivé des années d’avoir des gens qui écrasaient mon feuillage. Le feuillage est là pour protéger la production», raconte-t-elle.
Elle tente également de faire de la sensibilisation pour que les cueilleurs ne mangent pas leur récolte au champ.
«C’est sûr que pour nous, s’il y a des kilos et des kilos qui sont mangés aux champs, ils ne sont pas payés et ça, c’est de l’argent qu’on n’a pas pour pouvoir continuer l’année d’après», dit-elle.
À voir dans la vidéo.


