Des citoyens se rassemblent samedi après-midi afin de faire part de leur «ras-le-bol» face au manque d’écoute dans le dossier Stablex, qui prévoit d’aménager une sixième cellule d’enfouissement sur son site de Blainville.
«On est dans un moment crucial pour plusieurs raisons», a souligné en entrevue Marie-Claude Archambault, porte-parole de la Coalition des citoyens de Blainville contre Stablex et candidate pour Climat Québec.
«On veut vraiment indiquer qu’ici à Blainville et au Québec, on en a assez de ne pas être écoutés, de ne pas être entendus, de ne pas être respectés par le gouvernement et par le gouvernement municipal aussi», a-t-elle souligné.
Une centaine de citoyens étaient attendus par la coalition à la manifestation qui se tient à la Place des Spectacles de Blainville, espérant pouvoir stopper l’aménagement de cette nouvelle cellule.
Parmi les points de friction, Mme Archambault a cité le fait de ne pas avoir eu de retour de la part du ministère de l’Environnement concernant les résultats d’une campagne d’échantillonnage dévoilés en juin dernier.
La campagne d’échantillonnage avait été réalisée à l’automne 2025 aux abords du centre de traitement de déchets industriels.
Selon les résultats, des échantillons d’eau et des sédiments collectés étaient contaminés par plusieurs métaux toxiques.
Sonja Behmel, limnologue pour la firme WaterShed Monitoring, qui avait planifié et supervisé l’échantillonnage, avait indiqué qu’il y avait des problèmes au sujet de la présence de cadmium, de zinc, de cuivre, d’arsenic et de chrome.
«Ça démontre une contamination avérée autour du site de Stablex sur le terrain public de la Ville de Blainville», a rappelé Mme Archambault samedi.
La Coalition des citoyens de Blainville, accompagnée de Climat Québec, a insisté sur l’importance de mener une campagne d’échantillonnage exhaustive et indépendante afin de couvrir un plus grand nombre de points de prélèvement.
Mme Archambault a par ailleurs mentionné avoir appris lors d’une rencontre avec la Direction régionale de l’environnement que le permis d’exploitation de la cellule six n’a toujours pas été délivré.
Le bureau de la ministre de l’Environnement, Pascale Déry, a confirmé que «la demande d’autorisation est toujours en analyse».
«On veut vraiment que (Mme Déry) entende notre message comme quoi il ne faut pas, à ce point-ci, délivrer le permis d’exploitation tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas fait la lumière sur la situation», a mentionné la porte-parole.
«Si le permis d’exploitation n’a pas été délivré, il y a toujours possibilité de rebrousser chemin. Des arbres, ça se replante, un chantier, ça s’arrête, des arbres, ça repousse», a-t-elle avancé.
Le centre de traitement de Stablex comprend actuellement une usine de traitement et cinq cellules d’enfouissement.
L’entreprise agrandit son dépotoir de déchets dangereux sur les terrains qui appartenaient autrefois à la Ville de Blainville et qui sont désormais la propriété de Québec.
Dans une déclaration transmise à La Presse Canadienne, Stablex a fait savoir qu’elle comprenait l’inquiétude des citoyens et qu’elle la prenait «au sérieux», tenant des rencontres avec des citoyens sur une base régulière.
«Les plus récentes campagnes d’échantillonnage du ministère de l’Environnement, dont les plus récents résultats ont été rendus publics en février 2026, concluent que nos activités sont conformes à la réglementation en vigueur», a ajouté Stablex.
Par ailleurs, l’entreprise a souligné que la raison d’être de leurs installations est de «stabiliser et disposer sécuritairement des matières dangereuses».
«C’est une solution environnementale, encadrée et surveillée par l’État», a-t-il été précisé.
De son côté, le bureau de la ministre de l’Environnement a rappelé dans une déclaration envoyée par courriel que «les installations de Stablex font l’objet d’un suivi environnemental rigoureux et continu».
Le cabinet de Mme Déry a par ailleurs indiqué qu’une «nouvelle campagne d’échantillonnage a été menée au printemps dernier» et que les «résultats préliminaires ne révèlent aucune anomalie et, à ce stade, aucun manquement n’est anticipé».
«L’analyse complète des résultats est toujours en cours et un rapport devrait être produit d’ici la fin de l’été», a ajouté le cabinet.
Le bureau de la ministre a aussi affirmé que les services de Stablex «sont d’une grande importance pour le Québec», alors qu’elle «est la seule entreprise à traiter et à éliminer ce type de matières selon des procédés spécialisés».
«Le risque le plus important pour l’environnement serait plutôt que ces matières ne soient pas prises en charge adéquatement et qu’elles se retrouvent dans l’environnement», a soutenu le cabinet.
Marie-Claude Archambault a également rappelé que cette manifestation se tient à l’aube du déclenchement de la campagne électorale provinciale.
«On veut que les partis politiques qui vont se présenter soient très clairs. Pour l’instant, on n’a aucun signe ferme de fermeture de Stablex, de moratoire de Stablex sur l’importation des déchets toxiques et dangereux, donc on est inquiets», a-t-elle expliqué.
Avec des informations de Stéphane Blais pour La Presse Canadienne
